En matière de traduction, les délais comme le coût reposent sur la quantité de mots. On considère en général qu’un traducteur est en mesure de traduire un peu plus de 300 mots à l’heure, soit 2 500 mots par jour. Bien entendu, tout dépend du sujet à traiter, de la performance de chacun et des outils employés. Mais, en moyenne, c’est ça.
Dans certains cas, il faut impérativement aller plus vite. Il est alors très important de le signaler à l’agence de traduction. Certaines méthodes permettent de réduire les délais. On peut, bien entendu, répartir le texte entre plusieurs traducteurs. Il faut alors organiser une coordination spécifique pour s’assurer de la cohérence du texte traduit. Comme la tâche de coordination est elle-même consommatrice de temps, il vaut souvent mieux répartir la traduction sur trois traducteurs plutôt que sur deux. Ce type d’organisation suppose une certaine préparation du document, par exemple pour établir un glossaire terminologique qui sera respecté par tous les intervenants. Encore faut-il que le document soit suffisamment long pour se prêter à ce genre de traitements : si sa longueur est inférieure à dix jours de traduction (25 000 mots), de tels moyens seront disproportionnés, voire contre-productifs.
On peut aussi analyser le document d’origine pour en extraire toutes les répétitions, ce qui permet de réduire la durée de la traduction. Cela s’avère parfois très intéressant — certains textes techniques comptent jusqu’à 80% de répétitions — mais il arrive aussi que les répétitions ne dépassent pas les 5% du document à traduire.
Il existe donc des solutions pour accélérer le travail de traduction. Il ne faut pas hésiter à les employer lorsque c’est nécessaire. En revanche, il faut s‘interdire impérativement de mettre le traducteur sous pression pour qu’il dépasse son quota quotidien. La traduction est une activité intellectuelle fatigante. C’est pourquoi les traducteurs ont plus tendance à ralentir leur rythme au fil de la journée qu’à l’accélérer. S’ils sont mis sous pression pour produire plus dans la même durée, ou pour réaliser des journées de travail plus longues, ce n’est pas sans conséquence sur la qualité de leur travail.
