nov 15

Je reproduis ci-dessous l’article de Bernard Achour publié dans la revue gratuite Illimité distribuée dans les cinémas UGC.

Harold Manning : traduire sans trahir

Spécialiste de la traduction et du sous-titrage français de films anglo-saxons, Harold Manning a réussi un véritable exploit en adaptant les dialogues incroyablement volubiles, inventifs et percutants de l’irrésistible In the Loop.

« Tacatacatac ! Pif ! Baoum ! Whizzz ! » C’est en termes particulièrement choisis que notre interlocuteur du jour tente de décrire ce qu’il a ressenti en découvrant In the Loop, cette formidable satire du pouvoir dont l’humour démentiel provient essentiellement de dialogues débités à un rythme de mitraillette, dont il accepta d’assurer la traduction et le sous-titrage français. « Ca n’arrête pas du début à la fin, dit Harold Manning. Un véritable feu d’artifice de jeux de mots, de références politiques, d’inventions lexicales, de sous-entendus sexuels et de grossièretés à faire rougir une caserne entière. » Mais que l’amateur de versions originales soit rassuré : grâce à son parfait bilinguisme franco-anglais, à sa connaissance aiguë des deux cultures, à son sens de la synthèse, à sa vivacité d’esprit et à sa pratique du métier, il ne perdra pas une miette de cette pure déflagration comique qu’est In the Loop.

Va te faire au revoir
Selon des règles établies d’après de savants calculs, le sous-titrage français d’un film étranger se décompose en lignes (deux d’un coup au maximum) comportant un nombre limité de caractères (41) par ligne, pas davantage, (lettres, signes de ponctuation et espaces compris) incrustés à l’image le temps nécessaire à leur lecture et à leur compréhension, soit environ quatre secondes. « Quand je travaille sur un film, j’en reçois une copie ainsi que la liste complète de ses dialogues, où figurent en heures, en minutes et en secondes le début et la fin de chaque réplique, explique Harold Manning. Ensuite, c’est à moi de condenser ma traduction en fonction de l’espace dont je dispose, calculé par une machine spécialisée. » Contrairement à la transposition d’oeuvres littéraires, il ne s’agit donc pas de reproduire l’intégralité d’un texte, mais d’en extirper le style, le sens, la musicalité (« Essentiel, la musique de la langue ! ») et l’expressivité du comédien qui le prononce, dans le cadre d’un repérage bien déterminé. Une tâche dont Harold Manning, fasciné depuis l’enfance par les mots qui clignotaient sur les images des films qu’il regardait en VO, s’est déjà acquitté près de 100 fois pour le cinéma (Bloody Sunday) comme pour la télévision (Queer as Folk).

Contacté en urgence par la productrice d’In the Loop, c’est un vrai coup de coeur pour le film qui lui fit accepter la mission « impossible » de le traduire en 15 jours : « Un film de la même durée comprend à peu près 150 pages de dialogues : ceux d’In the Loop en occupent le double, soit 2000 sous-titres ! » Mais pas un gramme de remplissage : « C’est du caviar, du Billy Wilder, chaque phrase explose de sens et de drôlerie« , s’enflamme Harold Manning. Etrangement, il n’a pas tellement buté sur la traduction des allusions politiques ou sur la multiplicité des personnages qui prennent parfois la parole en même temps. En fait, c’est aux injures follement imaginatives de l’impayable directeur de la communication du Premier Ministre anglais qu’il s’est principalement heurté. « L’expression inventée de toutes pièces « Fuckitty bye » m’a hanté plusieurs nuits, jusqu’au moment où j’ai pensé à « Va te faire au revoir » et où tout s’est débloqué« , se souvient-il.

Au fait, que signifie In the Loop ? « Ca veut dire « Dans la confidence », et on s’est essoré les méninges à force de brainstormings pour trouver un équivalent français satisfaisant, raconte Harold Manning. Mais, en fin de compte, on a jugé que ça sonnait bien phonétiquement, et on l’a laissé tel quel !« 

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nov 13

Le quotidien gratuit 20 minutes publie aujourd’hui un petit article sur le travail des traducteurs de séries anglo-saxonnes. Les principaux écueils du métier sont évoqués : mode, néologismes, sous-entendus intraduisibles… Pas moins de trois traductrices spécialisées, dont Vanessa Chouraqui, qui fut en charge de Sex and the city, témoignent dans le petit article, bourré d’informations, d’Anne Kerloc’h. A lire, donc.

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Revue de presse
icon4 13 nov 2009| icon31 Commentaire »
oct 8

Cet article de CFO-News fait un point synthétique sur la norme XBRL, qui permet la traduction des données financières publiées par les groupes cotés. Ces grandes entreprises sont tenues à fournir de l’information financière à leurs actionnaires en respectant les nouvelles normes comptables IFRS, et sont amenées à traduire dans plusieurs langues leurs rapports annuels et notices de résultats trimestriels.

Si la traduction du texte de commentaire ne soulève pas de question particulière (à part, évidemment, le degré d’expertise financière du traducteur), la traduction des intitulés, des concepts et des chiffres des comptes de résultat, bilans, soldes de trésorerie, etc., est très complexe à gérer. C’est à ce stade qu’intervient le langage XBRL, qui facilite la transmission électronique des données financières.

S’il n’est forcément nécessaire pour les traducteurs spécialisés en finance de savoir utiliser ce langage, ils ont malgré tout impérativement besoin de savoir en quoi il consiste et à quoi il sert. L’article de Pierre Hamon* leur fournit les informations essentielles.

*Auteur de l’ouvrage Comprendre XBRL et la taxonomie Comptes annuels, paru aux Editions BoD

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juil 31

Je lis en ce moment Profession Traducteur, de Daniel Gouadec, dont la 2ème édition est parue cette année aux éditions La Maison du Dictionnaire. J’avais publié il y a quelques mois un billet pour signaler l’excellent site Web du même nom, qui comporte en particulier de nombreux liens utiles. J’y suis souvent retourné, et j’ai fini par acheter le livre et m’y plonger.

Et cet ouvrage est passionnant : très agréable à lire tant le style est fluide et naturel, le texte est fouillé, informé, détaillé. La quantité d’informations fournies à la page est tout bonnement impressionnante. L’auteur, Daniel Gouadec, est une telle référence en matière d’enseignement de la traduction* qu’il n’est pas surprenant d’apprendre du nouveau dans son livre. L’inattendu de l’affaire c’est le caractère complet, fini, de l’ouvrage. A cet égard, le titre est légèrement trompeur : il ne s’agit pas tant de présenter la profession de traducteur que d’expliquer toutes les arcanes, toutes les subtilités des métiers de la traduction.

C’est bien simple : tout y est. Du marché de la traduction à la description du poste de travail du traducteur en passant par les différents statuts, les démarches d’installation, l’organisation d’un projet de localisation lourd, les relations entre les intervenants, les effets de l’informatisation et de l’industrialisation sur le métier et, bien sûr, la question de la formation. Mais l’énumération des rubriques est insuffisante à rendre justice à ce document de référence. Bourré d’infos, travaillé (au sens où l’artisan remet sans cesse l’ouvrage sur le métier), plein de réflexions pertinentes où l’humour ne manque pas (il faut lire les -nombreuses- notes en bas de page), c’est à un véritable voyage que nous convie ce Guide Michelin* de la traduction. Un voyage parfois heureux et parfois moins, où tous les aspects de la profession sont successivement présentés, commentés, puis analysés, à la fois sous l’angle du traducteur et sous celui du donneur d’ouvrages. S’il fallait faire un reproche au livre de M. Gouadec, on pourrait, après réflexion, regretter dans certains cas le côté trop détaillé (!). On sent bien qu’il ne s’agit pas d’un regret majeur : même si sa lecture est un plaisir pour le connaisseur, celui-ci ne doit pas oublier que l’ouvrage qu’il a en mains a d’abord été rédigé pour les nouveaux venus. Et on peine à imaginer comment ils regretteraient de disposer de trop d’informations.

Ce guide devrait d’ailleurs se trouver sur la table de chevet de tout étudiant en traduction. On constate encore trop souvent, même au niveau du Master deuxième année, une ignorance certaine des tenants et aboutissants de la profession, du milieu, des usages, des outils, du marché. Il est frappant de constater parfois le peu de curiosité de certains étudiants pour ces données essentielles à leur exercice futur des professions de traducteur, chef de projet, veilleur, etc. Qu’ils lisent cet excellent livre ! Ils bénéficieront en peu de temps de l’essentiel du savoir accumulé au fil des ans par l’un des principaux témoins des évolutions de notre métier. Quant aux autres, professionnels déjà installés et expérimentés, ils trouveront un grand plaisir à voir confortées leurs analyses du secteur et de ses évolutions, et seront heureux de pouvoir à tout consulter à tout moment cette Bible de la traduction et des traducteurs.

Deux mots, pour finir : Lisez-le !
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*Pour ceux qui ne le sauraient pas, Daniel Gouadec dirige le Centre de formation de Traducteurs-Localiseurs, Terminologues et Rédacteurs, et le Centre de Recherches et d’applications en ingénierie linguistique, documentaire et multimédia de l’Université de Rennes 2. Il préside l’Association française des formations universitaires aux métiers de la traduction. Voir Gouadec.net, CFTTR, et CRAIE.
**Ou ce Baedeker ?

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avr 15

Ce court billet pour signaler deux articles concernant la traduction, déjà anciens, parus dans Le Figaro et toujours accessibles dans la version en ligne du quotidien national.

Tout d’abord, un entretien passionnant avec Umberto Eco, à l’occasion de la publication de son ouvrage Dire presque la même chose (Grasset, 460 p.), qui traite des défis de la traduction en s’appuyant sur des situations concrètes commentées par l’illustre écrivain, lui-même traducteur des ouvrages de Queneau et de Nerval. Il y explique comment la traduction est avant tout affaire de négociation, tant il est impossible d’exprimer exactement dans la même chose dans deux langues différentes.

Ensuite, un article intitulé « La seconde vie des romans français« , qui fait le point sur la santé du secteur de la traduction d’ouvrages littéraires français à l’étranger. Contrairement à ce qu’on aurait tendance à croire, les livres français s’exportent, puisque les droits de traduction de plus de 6 500 ouvrages français ont été vendus dans le monde en 2006, dont plus de 2 000 livres de littérature. Et l’on apprend que nos écrivains sont particulièrement appréciés en Italie, en Espagne, au Brésil, en Argentine, en Chine, mais assez peu au Japon ou aux Pays Bas, par exemple. Le mécanisme même de la cession de droits est abordé dans le détail au travers de l’interview de plusieurs intervenants, dont des éditeurs, des agents littéraires et des représentants des organismes d’aide à la traduction.

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Revue de presse
icon4 15 avr 2009| icon3Aucun commentaire »
avr 12

Bel article de Stéphanie Grammond dans La Presse Affaires, la version Web du grand quotidien québecois La Presse, au sujet de l’arbitrage nécessaire entre termes français et termes anglais dans les journaux.

Le dilemme n’est pas simple : pour conserver la langue française, il faut l’employer, mais pour être efficace et se faire comprendre de ses lecteurs, c’est parfois l’anglais qu’il faut privilégier. La journaliste puise dans la terminologie financière, particulièrement à la Une en ce moment, pour fournir plusieurs exemples de cas difficiles à résoudre.

Certains ont eu une fin heureuse, comme « fonds commun de placement » qui a supplanté « fond mutuel », lequel n’était qu’une pâle copie, avec perte de sens au passage, de « mutual fund« . D’autres ont moins d’espoir : si vous ne savez pas ce qu’est un TGCRDE, lisez l’article !

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Revue de presse
icon4 12 avr 2009| icon3Aucun commentaire »
avr 10

Je voudrais la parution sur le blog du Monde d’un article passionnant et très bien documenté sur la place déclinante du français, et sur les spécificités linguistiques : on sait que les Inuits ont quantité de mots pour décrire le blanc, mais saviez-vous que les langues bantoues distinguaient une dizaine de genres (contre trois pour nous: masculin, féminin et neutre) ?

Fondé à la fois sur les chiffres de l’influence des langues dans le monde et sur la constatation de ces particularismes, le long billet rédigé par argoul entame une réflexion sur la traduction et liste une série de propositions concrètes pour maintenir la place du français dans le concert des langues. Un must-read ;-) .

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Langue, Revue de presse
icon4 10 avr 2009| icon3Aucun commentaire »
avr 8

Un article de PC World, daté du 26 mars dernier, annonçait pour le 1er avril l’intégration à la messagerie électronique GMail de la fonction de traduction automatique Google Translate. Il se basait sur l’annonce selon laquelle Google présenterait une nouvelle fonctionnalité excitante le 1er avril lors d’un événement de relations publiques à Bruxelles. Dix jours après, il semble bien que l’interface de GMail, disponible en 52 langues, ne propose toujours pas de fonction « Traduction » lorsqu’on rédige un message, ou qu’on en reçoit un. Il n’empêche que c’est certainement dans les tuyaux…

Non, le 1er avril, Google s’est contenté d’annoncer StreetView en Belgique, de recevoir l’autorisation définitive des services de Bruxelles pour racheter DoubleClick, et d’ajouter des annonces en forme de poisson d’avril à sa longue collection : par exemple, le lancement de Google Paper, ou celui de Google Romance. Business as usual

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avr 2

Le Monde traduit du Roumain à l’aide de Google Translate ? La version en ligne du Monde, LeMonde.fr, serait en fait rédigée en Roumanie, par des salariés d’une filiale, puis traduits en français.

Cette réorganisation, déjà ancienne, ne suffit pas à améliorer les comptes du quotidien en ligne. Il aurait donc été décidé de confier désormais les traductions roumain-français à l’outil de traduction automatique de Google. Consternant.

Quand aura-t-on droit aux articles du Monde traduits par Google ? La réponse est, heureusement « jamais »*, car il s’agissait d’un poisson d’avril, publié sur LeMonde.fr !

Un indice ? Pensez-vous vraiment qu’un quotidien de référence consacrerait un article à expliquer qu’il utilise Google Translate ?

*(ou du moins « pas tout de suite »)

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avr 1

Les lecteurs attentifs de l’Observatoire de la traduction n’auront pas manqué de le remarquer : j’ai ajouté de très nombreux liens à la blogoliste, en bas et à droite de l’écran. Au fur et à mesure que je navigue parmi les sites et les blogs dédiés à la traduction professionnelle pour alimenter ce blog-ci, je découvre des sources d’informations passionnantes.

Il peut s’agit de forums, comme Berberber, de sites de dictionnaires en ligne, comme Médiadico, de références comme le Translation Journal’s blog ou, plus souvent, de blogs de traducteurs, comme Blogging Translator, Transtextuel, ou  Translate This!.

Bien entendu, un grand nombre de ces adresses sont bien connues des professionnels, et elles ne seront pas forcément une découverte pour chacun de vous. Reste que j’espère utile de tenter de les regrouper ici… même si l’exhaustivité en la matière est impossible. surtout, n’hésitez pas à me faire connaître d’autres adresses : j’aurai plaisir à les ajouter.

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