fév 25

La SEPTET,  Société d’Études des Pratiques et Théories en Traduction organise la « 1ère Université d’été internationale en traductologie » du 19 au 25 juillet 2015. Elle aura lieu en France, à l’Abbaye de Valloires d’Argoules (80120). Le public concerné est large : étudiants de doctorat, master ou licence, traducteurs professionnels, enseignants et chercheurs en traductologie. Les langues utilisées seront le français et l’anglais.

La formation se veut intensive et traitera de l’histoire de la traduction, ses théories et ses méthodologies. Elle prendra différentes formes : conférences, ateliers et débats. Le comité organisateur est composé de la Présidente de la SEPTET et directrice du programme, Florence Lautel-Ribstein, ainsi que de la co-directrice Viviana Agostini Ouafi de l’Université de Caen.

Les personnes intéressées sont invitées à faire leur pré-inscription rapidement auprès de Florence Lautel-Ribstein, à l’adresse suivante : florence.lautel@univ-artois.fr

Le programme détaillé sera disponible en mai 2014 et un site est en cours de construction.

icon1 Par: Sabrina Baldo de Brébisson | icon2 Actualité de la traduction
icon4 25 fév 2014| icon3Aucun commentaire »
déc 11

Yves Champollion, le développeur du logiciel de mémoire de traduction Wordfast Classic*, organise et anime en personne une formation de trois jours sur les outils d’aide à la traduction en général, et Wordfast en particulier. La session de formation, à laquelle on peut décider d’assister pendant une, deux ou trois journées, se tient du 19 au 21 décembre en Normandie, à environ une heure de Paris.

Les sujets abordés (voir le programme complet ici) couvrent toutes les étapes du travail avec Wordfast : de la création de votre première Mémoire de traduction aux options de Contrôle Qualité en passant par l’utilisation avisée des transposables ou la personnalisation des paramètres de configuration avancés… La troisième journée est plus spécifiquement consacrée aux questions de productivité en traduction et à l’ensemble des outils d’aide à la traduction.

Du coup, cette formation très complète (et peu chère : 500 € pour les trois journées) intéressera aussi bien les traducteurs qui commencent seulement à exploiter les outils de TAO que ceux qui sont déjà versés dans le domaine mais recherchent comment optimiser encore plus leur pratique.

En plus, si vous ne disposiez pas déjà de Wordfast, c’est le bon moment pour l’acheter (ici), puisque les prix augmenteront en janvier : le tarif passera à 400€, au lieu de 350€ aujourd’hui. Ce qui reste de toutes les façons très raisonnable, comparé à la concurrence…

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*Wordfast existe en deux versions : Wordfast Classic, qui est une extension à Microsoft Word conçue pour les traducteurs professionnels indépendants (et avec eux), et Wordfast Studio, qui fonctionne comme un logiciel autonome, un peu à la façon de SDL Trados, et qui se destine plutôt aux agences de traduction. Signalons aussi Wordfast Anywhere, l’outil gratuit de Mémoire de traduction disponible en ligne (sur http://www.freetm.com).

nov 18

Ces trois dernières années, j’ai enseigné la Gestion des projets de traduction, l’Assurance qualité et le Contrôle qualité aux étudiants de Master des universités de Rennes 2 et d’Evry val d’Essonne. L’occasion s’est présentée à moi à un moment où je ressentais l’envie de transmettre ce que j’ai appris au cours de presque vingt ans de métier. J’avais aussi envie de structurer ce savoir, de prendre le temps nécessaire pour le mettre en forme en le synthétisant. Ce fut beaucoup plus long et difficile que je m’y attendais : les étudiants n’ont, par définition, pas commencé à travailler et il faut donc partir de zéro pour concevoir les cours. Il n’est pas simple de se mettre à leur place et de discerner ce qu’ils savent déjà de ce qu’ils ignorent encore parmi tout ce qui semble élémentaire aux professionnels. Mais, comme le disait le Directeur de l’UFR dont je dépendais à Rennes « c’est un peu ce qui justifie notre travail » ; si les étudiants savaient déjà tout ça, nous n’aurions pas à le leur enseigner…

Illusions réciproques
Un autre piège provient des illusions réciproques qu’entretiennent professionnels et académiciens les uns au sujet des autres. Les universités sont avides des collaborations de professionnels, dont elles attendent un enseignement proche du terrain, très orienté vers la pratique. De leur côté, les professionnels ont tendance à justifier leur présence en fac par la construction de cours conceptuels, assez théoriques : il s’agit d’être un « bon prof », de dispenser des « cours magistraux » qui tiennent la route… Et puis il ne faut pas oublier non plus que le quotidien d’un métier s’appuie sur de très nombreux savoirs théoriques, qu’il faut connaître pour acquérir les bons réflexes. On ne conduit pas sans apprendre auparavant le code de la route ; on ne gère pas de projets de traduction sans connaître les notions essentielles(1). L’idéal, bien sûr, serait de faire découvrir aux étudiants par l’exemple pourquoi tel ou tel concept est nécessaire, puis l’enseigner en tant que tel et enfin le mettre en oeuvre au cours d’un autre exercice, avant de le corriger en revenant sur la notion théorique, et d’enchaîner sur la suivante. Mais il faut pour cela disposer de beaucoup de temps, bien plus que les heures prévues. On doit donc se résigner à introduire des notions qui seront approfondies pendant les stages ou l’apprentissage en entreprise.

Des projets d’équipe… intensifs
Une autre voie consiste à faire plancher les étudiants sur des projets d’équipe qui s’ajoutent aux exercices traditionnels, à remettre d’une semaine sur l’autre. Ces projets peuvent prendre des formes différentes suivant les circonstances et les usages de l’université concernée.

A Evry, nous avons conçu(2), avec Sabrina Baldo, qui dirigeait alors le programme de Master, un enseignement débouchant sur une semaine intensive de traduction, révision, contrôle qualité et gestion de projets. Bien sûr, nous nous inspirions pour cet examen de l’expérience Tradutech menée depuis plusieurs années par l’université de Rennes 2. Mais nous ne la dupliquions pas. Les étudiants de Master 2, formés à la gestion de projets et à l’utilisation de Trados, rédigeaient un Manuel Qualité quelques semaines à l’avance, et le présentaient aux étudiants de première année. Ce manuel décrivait le déroulement de chaque procédure qui serait mise en oeuvre pendant la semaine de simulation. Il expliquait où les fichiers seraient stockés, comment les nommer, ce qu’on attendait d’une traduction, quels étaient les critères de contrôle, comment réviser, etc. De leur côté, les étudiants de Master 1 constituaient une base de données des traducteurs contenant leurs noms, les trois domaines de spécialisation dans lesquels ils souhaitaient travailler et leur tarif au mot pour chacun. En début de semaine, les étudiants de Master 2, en binômes, découvraient les projets à livrer pour la fin de la semaine, choisissaient deux étudiants de Master 1 pour les traduire et les réviser, créaient une base terminologique, analysaient les fichiers avec Trados, constituaient un planning des remises intermédiaires fichier par fichier, calculaient un devis, des bons de commande, un tableau de suivi de la marge, envoyaient les fichiers à traduire, etc. Au cours de la semaine, les demandes terminologiques, la traduction, la révision, le contrôle qualité et les retours en révision occupaient l’essentiel du temps. Et, le vendredi, il fallait remettre les fichiers définitifs, contrôler ou aligner la mémoire de traduction, archiver tout… Juste après la remise des derniers fichiers, tout le monde se réunissait pour faire le point et lister les points à améliorer l’année suivante. Les commentaires des étudiants ayant participé aux deux sessions, en première et seconde année, étaient évidemment les plus instructifs. Il y avait parfois des réactions de ras-le-bol, bien compréhensibles après cette semaine très intense, où les étudiants restaient rivés à leur PC une dizaine d’heures par jour pour traduire et réviser leurs 6 000 mots. Pourtant, ce n’est pas ce sentiment qui dominait, mais plutôt la fierté d’être arrivés au bout, et d’avoir beaucoup appris en peu de temps. Le travail n’était d’ailleurs pas terminé puisque les étudiants devaient ensuite rédiger un mémoire individuel et une présentation, soutenue en équipe. Ce projet annuel, qui se poursuit aujourd’hui avec un autre enseignant, n’aurait pas été réalisable sans l’implication de Sabrina Baldo et la coordination entre les cours consacrés à Trados en première et deuxième année d’une part, et ceux de gestion de projet / assurance qualité, pour les deuxième année, d’autre part.

L’employabilité des étudiants
L’organisation des cours de l’université de Rennes 2 doit beaucoup à Daniel Gouadec, qui s’est démené pendant trente ans pour que les enseignements assurent aux étudiants le meilleur niveau d’employabilité. Du coup, le programme dédie à la pratique de nombreuses plages, intégrées à l’enseignement mais en dehors des heures de cours à proprement parler. Et les projets transversaux, intitulés « stages internes », sont légion. Après le départ en retraite de celui qui incarnait à lui seul le Master de traduction spécialisée du CFTTR de Rennes 2, l’équipe enseignante, réunie autour de Daniel Toudic, son Directeur, devait impulser une nouvelle dynamique. Plusieurs projets ont été lancés.

Tout d’abord, il fallait revoir le contenu de Tradutech. Cette semaine de traduction en situation quasi-professionnelle clôture chaque semestre, et concerne une centaine d’étudiants, de la troisième année de Licence jusqu’à la seconde année de Master. Les étudiants de Master 2 qui poursuivent leur formation à Rennes depuis l’origine ont ainsi participé à 5 semaines Tradutech lorsqu’ils quittent l’Université. J’ai proposé de nous appuyer sur cette imposante capacité de production pour réaliser une fois par an un Tradutech particulièrement ambitieux.

Un million de mots
Au lieu que les étudiants réalisent un projet modeste en prenant le temps voulu pour que chaque étape soit menée dans les règles de l’art, nous leur avons demandé de gérer un projet lourd et difficile à mener à bien en cinq jours. La première semaine organisée sur ce principe a vu cinq équipes d’une vingtaine d’étudiants être chargées de projets imposants (de 50 000 mots à 90 000 mots), qu’il fallait traduire, relire, et mettre en page. Aucune équipe n’avait exactement la même composition, et aucun projet n’était similaire aux autres. La fois suivante, tous les étudiants ont dû collaborer ensemble à la localisation d’un site web comportant un million de mots, dont trois-cents mille à traduire. Il était impossible d’y parvenir sans synchroniser très régulièrement les mémoires de traduction des différents modules (cela a d’ailleurs occasionné de multiples problèmes, qui n’ont pas tous été résolus). La troisième semaine Tradutech que j’ai initiée, les équipes fonctionnaient comme des agences de traduction mises en concurrence par des clients, et recevaient chaque jour des projets qu’elles n’étaient pas certaines de devoir traiter, et qu’il faudrait remettre avant le vendredi. Elles devaient faire des devis, choisir leurs traducteurs dans une base de données, traduire, relire, etc. Ces trois expériences étaient l’occasion pour les étudiants de mettre en oeuvre la quasi-totalité des apprentissages de l’année dans des conditions de stress proches de la vie en entreprise. Cela leur permettait aussi de discerner leurs points forts et leurs faiblesses, et de comprendre vers quel métier s’orienter : chef de projet, traducteur, maquettiste, linguiste, localiseur, spécialiste qualité…

Découvrir les outils de la traduction
En dehors de ces semaines d’examen dédiées à la pratique, les étudiants de Master participent à des projets au long cours, semestriels ou annuels(3). Ils s’y familiarisent avec des outils professionnels, et expérimentent la traduction en grandeur nature. A l’heure où l’on évoque les outils de productivité du traducteur et la traduction automatique, il était tentant de se lancer dans un expérience d’un genre nouveau. Nous avons demandé aux étudiants de première et deuxième année de Master de traduire un document en exploitant successivement plusieurs méthodes : traduction assistée par une mémoire de traduction, traduction assistée par un moteur de traduction automatique (Systran Enterprise Server 7), et traduction assistée par un logiciel de reconnaissance vocale (Dragon Naturally Speaking 11, de Nuance). Chaque équipe traduisait la même partie du document en utilisant un système différent dans un délai identique. Après quoi les équipes changeaient de technique pour traduire la partie suivante du document. En fin de parcours, les étudiants ont utilisé toutes les méthodes de traduction, et les enseignants ont mesuré les temps d’exécution et le degré de qualité associés à chaque méthode. Nous avons mené cette expérimentation à plusieurs reprises, en variant les textes à traduire et en modifiant certaines contraintes. L’organisation a exigé un important travail de préparation en amont : formation aux logiciels, essais « à blanc », description écrite précise de chaque tâche à réaliser, préparation d’une codification des tâches à enregistrer dans le système de suivi des temps, rédaction d’une grille d’évaluation des traductions… Impossible sinon de mesurer précisément les apports qualitatifs de chaque méthode, ce qui reste un travail extrêmement délicat et ardu lorsque toutes les conditions sont réunies.

Une qualité… certifiée
D’autres projets longs s’organisaient autour de la thématique centrale de la qualité de la traduction. Ainsi les étudiants ont-ils dû rédiger des Manuels qualité extrêmement complets et précis en prévision des semaines Tradutech et de l’expérience impliquant plusieurs méthodes de traduction. Ils devaient décrire toutes les procédures de production (traduction, révision, extraction terminologique, contrôle qualité…) et créer pour chacune un document de suivi (liste de contrôle de révision, grille de contrôle qualité…). Mais il fallait aussi décider d’une convention de dénomination des fichiers, constituer et décrire une arborescence de stockage, documenter l’utilisation des logiciels (SDL Trados notamment), etc. Avant le démarrage du projet, le Manuel était présenté à ses utilisateurs (les étudiants des autres années). En cours de production, les étudiants amendaient le Manuel qualité afin qu’il reflète ce qui avait réellement été réalisé, si c’était différent de ce qui avait été prévu au départ.

Toutefois, la politique d’Assurance Qualité d’une agence de traduction ne se résume pas au seul Manuel Qualité. C’est pourquoi nous avons demandé aux étudiants, en collaboration avec Bureau Véritas, de constituer la totalité d’un Système d’Assurance Qualité certifié conforme au standard Certitrad. Ce projet a duré une année entière : les étudiants ont analysé dans le détail toutes les exigences requises par la certification, ils ont créé des pseudo-agences de traduction, qui ont réuni ou créé toutes les pièces nécessaires à la constitution d’un Système d’Assurance Qualité. Ces systèmes ont fait l’objet d’un premier audit par Bureau Véritas, qui a transmis ses observations. Ensuite ils ont été modifiés puis à nouveau audités, et certifiés. Il s’agissait d’un énorme travail, qui a mobilisé les étudiants pendant de longues semaines : comme il n’existait pas de modèle préconçu, chaque groupe a dû créer son propre système en fonction de la façon dont elle interprétait les textes de la norme EN 15038 et du référentiel Certitrad. Et les exigences à satisfaire sont nombreuses !

La gestion de projets ? Un jeu !
Après avoir tant travaillé sur les questions de qualité pendant leur première année de Master, les étudiants passés en seconde année ont eu l’occasion de se lancer dans un projet plus réjouissant. Ils ont conçu et réalisé un jeu de société autour de la gestion des projets de traduction. Nous avions d’abord joué ensemble avec un jeu pédagogique qui illustre la façon dont on tient les comptes d’une entreprise, et dont les différents impôts (TVA, impôt sur le revenu) sont calculés et collectés. Après cette session, j’ai demandé aux étudiants de créer leur propre jeu au cours des six semaines suivantes. Je leur ai demandé d’inventer par eux-mêmes le plateau, les événements qui viendraient perturber le cours du jeu, et les règles, sans leur donner d’autres indications. Ils ont constitué plusieurs équipes : l’une était chargée de la conception, une autre de la réalisation et une autre du test… Ils se sont impliqués, ont enquêté auprès d’agences de traduction, ont beaucoup joué au Monopoly et à Trivial Pursuit, et ont testé leur jeu sur des professionnels…

Au final, ils ont créé « La Mort Subite du Traducteur »(4), où les joueurs représentent des agences de traduction qui doivent chaque mois épuiser leur capacité de production en acceptant les projets proposés par les clients sur les cases desquels elles arrivent au hasard des lancers de dés. Chaque projet apporte du chiffre d’affaires et retire de la capacité de production. A la fin de chaque tour, l’agence peut si elle le souhaite accroître sa capacité de production, ce qui augmente ses coûts. Et bien sûr, des événements insolites influent sur le déroulement : par exemple, quand la machine à café est cassée, la capacité de production augmente…

Tous ces projets ont été passionnants à initier comme à encadrer ; les résultats sont toujours intéressants, et souvent surprenants. Ils ne peuvent être menés à bien que dans le cadre d’une équipe soudée, comme c’est le cas à l’Université de Rennes 2(5), ou si au moins deux enseignants s’impliquent à fond ensemble, comme à l’Université d’Evry. Les étudiants y gagnent en professionnalisation, et saisissent beaucoup mieux l’intérêt des cours conceptuels, qu’ils peuvent ainsi relier à une pratique métier. Pour les enseignants, c’est un bon révélateur sur la réception de leurs cours. Les remarques des étudiants permettent d’identifier facilement ce qui doit être mis à jour ou précisé.

D’ailleurs, ces expérimentations pratiques démontrent à chaque fois combien un enseignement conceptuel et théorique est nécessaire aux étudiants. Il ne leur sert à rien de savoir manipuler tel ou tel logiciel s’ils n’ont pas connaissance du contexte dans lequel on l’utilise et pour quelle raison. Pas de théorie sans pratique, mais pas de pratique sans théorie !

Quant à moi, j’ai été très heureux de prendre un peu de recul sur mon métier de patron d’agence de traduction au cours de ces trois années… et je suis très heureux aujourd’hui de m’y immerger de nouveau !

(1) C’est pourquoi j’ai contraint tous mes étudiants à lire deux ouvrages de Daniel Gouadec : Profession : Traducteur et Guide des métiers de la traduction-localisation et de la communication multilingue et multimédia, parus à La Maison du Dictionnaire.
(2) Cette expérience a été décrite dans l’article « De la théorie universitaire à la pratique professionnelle : mise en place d’une simulation d’agence de traduction », en collaboration avec Sabrina Baldo, communication au colloque « Théorie et didactique de la traduction spécialisée » organisé par l’Université de Craïova, en Roumanie.
(3) J’ai décrit certains de ces projets lors de la communication intitulée « Le transfert d’expérience en gestion de projets et assurance qualité : témoignage d’un professionnel associé », Journée d’études organisée par le CFTTR de l’Université de Rennes 2 sous le titre « Quelles compétences, quelle formation pour les formateurs en traduction-localisation, terminologie, rédaction technique ? ». Mon intervention s’est déroulée à distance et la vidéo (homemade, avec zéro expérience et peu de moyens techniques) est visible ici.
(4) Hommage, paraît-il, à Daniel Gouadec.
(5) Il aurait été impossible de mener tous ces projets à bien sans l’implication totale et le dynamisme de Daniel Toudic, Directeur du CFTTR, et des enseignants, en particulier Jean-Marie Le Goff, Fabienne Moreau, Gaëlle Phuez, Katell Hernandez-Morin et Nolwenn Kerzreho.

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icon4 18 nov 2012| icon3Aucun commentaire »
nov 2

J’ai été récemment interrogé par le journal L’informaticien au sujet des différentes solutions de traduction qui s’offrent aux entreprises et, en particulier, des questions de traduction automatique (voir l’article). Au cours de nos entretiens, Emilien Ercolani, le journaliste, m’a demandé de faire évaluer la traduction d’une phrase tirée d’un de ses précédents articles, et qu’il avait soumise à plusieurs moteurs de traduction automatique (Google, Bing, Power Translator, Systran et Babylon). Dans un premier temps, nous avons demandé à une traductrice (Andrea) de traduire la phrase source sans mentionner quoi que ce soit d’autre : nous ne lui avons donc pas fourni les traductions automatiques. C’est la cible 1. Ensuite nous avons demandé à trois autres traducteurs (Angie, Mark et Marie) de commenter les traductions automatiques. Nous ne leur avons pas dit qu’il s’agissait de traductions automatiques, mais que nous voulions choisir entre plusieurs formulations. Mark a reconnu de la traduction automatique, les autres n’ont pas commenté (ils ont pu reconnaître de la traduction automatique sans nous en parler). Enfin, nous avons demandé à Mark, qui avait corrigé auparavant les traductions automatiques, de faire une proposition de traduction : c’est la cible 2 (voir les résultats complets de notre test).

Les résultats sont éloquents : il suffit de comparer l’une des deux phrases cibles rédigées par des traducteurs humains à n’importe laquelle des phrases cibles construites par un moteur. Mais, pour poursuivre l’analyse, je me suis amusé à compter les erreurs relevées par les traducteurs humains dans les formulations automatiques. Pour chaque erreur, je comptais deux points, et un point pour les remarques stylistiques (du type « l’utilisation de indeed est un peu démodée » : ce n’est pas une erreur à proprement parler, mais une remarque stylistique). Puis, j’ai divisé le nombre de mots de la phrase source par le nombre de points obtenus, ce qui m’a donné un pourcentage : par exemple, la formulation de Google comporte 5 erreurs et 1 faute de style, ce qui me donne un total de 11 points. Ce total, divisé par 45 (le nombre de mots de la phrase source), donne un pourcentage d’erreurs de 24%. Si je retire 24% de 100%, j’obtiens un score qualité de 76%.

Moteur

Erreurs

Fautes de style

Points

Score Qualité

Google

5

1

11

76%

Bing

5

1

11

76%

Systran

6

0

12

74%

Reverso

7

0

14

69%

Power Translator

8

0

16

65%

Babylon

8

1

17

63%

Ce score de 76%, que Google partage avec Bing, est très mauvais ! Pour donner une idée de ce que représente un tel pourcentage, cela revient à dire que dans un texte de 5 lignes (50 mots), un lecteur serait arrêté par une erreur 5 fois par ligne (25 erreurs) ! Personne n’accepterait ça dans un journal. A titre de comparaison, les scores qualités considérés comme acceptables dans le monde de la traduction professionnelle sont compris entre 95% et 100%. Microsoft, par exemple, refuse tout contrôle qualité dont le score est inférieur à 99%. Comme on peut le voir ici, sur une seule phrase, on est loin du compte avec la traduction automatique !

Il est d’ailleurs très probable que les résultats seraient différents si la phrase source avait été modifiée avant d’être soumise aux moteurs. C’est que soulignait déjà l’expérience dont je rendais compte dans Le site de traduction de Microsoft comparé à Google et PROMT.

Dans tous les cas, et même si elle est limitée à une seule phrase, cette petite expérience-ci confirme un point très important : la traduction automatique ne permet pas de délivrer des textes directement publiables. Et, les indéniables améliorations des moteurs renforcent encore le besoin de bien connaître la langue cible pour évaluer correctement le travail réalisé : peu de Français savent avec certitude quand on peut se passer de l’article « the » dans une phrase, pour reprendre une des erreurs qui revient souvent dans l’expérience. En fait, il s’agit d’un excellent outil de traduction… pour traducteurs ! Car il va beaucoup plus vite de relire (on dit « post-éditer » dans le jargon de la TA) que de traduire, et un traducteur professionnel peut multiplier par cinq à dix sa productivité quotidienne en utilisant des moteurs de traduction. Mais c’est une illusion de croire que l’on peut diffuser des textes traduits par un moteur sans post-édition.

Ces travaux de post-édition sont d’ailleurs proposés par plusieurs agences de traduction. Outre celles qui travaillent pour de très grandes entreprises du secteur informatique (ce n’est un secret pour personne que Microsoft ou Symantec exploitent énormément la traduction automatique pour localiser leurs produits), elles seraient de plus en plus nombreuses à proposer ce services aux clients moins naturellement portés sur la haute technologie. D’après un rapport de Common Sense Advisory, (The Market for MT Post-Editing, 22 novembre 2010, Donald DePalma et Vijayalaxmi Hegde), les agences qui proposent un service de post-édition sont encore peu nombreuses, et ce service ne représente pas une grosse part de leur chiffre d’affaires (moins de 10% du CA pour 73% des agences interrogées), mais c’est celui qui croît le plus vite pour une vingtaine d’agences.

oct 4

J’ai déjeuné récemment, à deux reprises, avec un autre patron d’agence de traduction.

L’un d’eux était Maciek, le fondateur de Sopoltrad, une agence basée en Pologne et spécialisée depuis de nombreuses années* dans les langues d’Europe centrale et d’Europe de l’Est. L’autre, Frédéric Micaleff, est le patron d’Atom e-City et le génial développeur de TpBox, un excellent outil de gestion des projets de traduction.

Deux professionnels, deux expériences très différentes du métier, et finalement des approches similaires. À chaque fois c’est un grand plaisir d’échanger avec des confrères expérimentés, de se lâcher un peu la bride, d’écouter un autre professionnel, de confronter des points de vue ou des pratiques parfois opposés mais toujours complémentaires. On ressort de là rassuré par la qualité humaine et professionnelle des personnes qui sont au coeur de notre métier. Et on se dit que, décidément, on ferait volontiers ça plus souvent : en ce qui me concerne, je serais ravi de rencontrer d’autres confrères une ou deux fois par mois. Alors, comment se fait-il que cela ne se produise pas ?

J’ai posé la question à mes interlocuteurs. Ils m’ont répondu que les agences étaient souvent méfiantes les unes vis-à-vis des autres, inquiètes de donner malgré elles des informations confidentielles, stressées par le risque de perdre des clients… J’espère qu’ils se trompent. Car, comme le faisait remarquer Maciek, le marché est assez grand pour tous : à partir du moment où le leader français pèse moins de 3% du marché national**, les 299 autres agences ont l’assurance d’avoir suffisamment de clients, même s’ils sont parfois difficiles à trouver. C’était aussi l’opinion de Vincent Rivalle et Mathieu Maréchal (Tradonline) quand je les ai rencontrés il y a deux ans.

Pourtant, il est vrai que nous sommes tous frileux et peu dynamiques ou actifs sur le plan confraternel : j’en veux pour preuve l’échec total du salon eCNET de cette année. Un salon si peu mobilisant que les agences membres de la CNET (une petite trentaine) ne se sont pas toutes déplacées. Dans ces conditions, il y avait peu à espérer des non-membres. Même si l’organisation laissait sans doute à désirer (on peut s’interroger sur la pertinence de choisir l’hôtel Marriott pour recevoir des agences de traduction, par exemple, ou sur l’absence totale de relance téléphonique préalable au salon), on ne saurait lui imputer toute la responsabilité de ce qu’on appelle un « four » au théâtre.

Le manque de collégialité du secteur est d’autant plus étonnant que l’isolement relatif de chacun devrait au contraire nous pousser à nous réunir le plus souvent possible. D’autant que, encore une fois, ce métier réunit quantité de personnalités intéressantes, expérimentées, voire, pour certaines, charismatiques. Je l’ai constaté, par exemple, en invitant des professionnels à intervenir à l’Université de Rennes 2 et à celle d’Evry. Tous ceux qui ont accepté de faire l’expérience étaient très heureux d’avoir pris sur leur temps pour faire le déplacement. Quant aux étudiants, c’était évidemment passionnant pour eux.

Peut-être faudrait-il systématiser les dîners confraternels comme ceux qu’organise Muriel Morin (3ic International) ? C’est aussi ce que propose aux traducteurs indépendants Arnaud Bramat (AéroTraduction) avec le Cercle Saint-Jérôme, qui se réunit trois ou quatre fois par an dans un bistro parisien.


*Sopoltrad a été fondée en 1995…
**En estimant à 20 millions d’euros le CA du premier français, qu’il s’agisse d’A.D.T, de Tradutec ou de Telelingua, et à 800 millions le CA global de la traduction en France.

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icon4 4 oct 2012| icon33 Commentaires »
sept 20

En ce moment-même* se tiennent à Bruxelles les Translation Studies Days organisés par la DGT (Délégation générale à la traduction) de la Commission Européenne.

Pendant ces deux jours, de nombreux acteurs de la profession font le point sur les évolutions récentes du marché et des pratiques de la traduction en europe. Le programme est plus qu’alléchant. Si vous n’avez pas été convié, ou si vous ne pouvez pas assister à cette conférence, vous pouvez l’observer et l’écouter (dans la langue de votre choix parmi sept) à distance en video-streaming : il suffit de cliquer ici.

Enfin, si vous préférez vous plonger dans les sujets abordés en consultant des documents écrits plutôt qu’en assistant à des présentations synthétiques, le mieux est d’aller visiter le site des Translation Studies, où des guides très fouillés sont disponibles en téléchargement. Quelques-un des sujets traités : Crowdsourcing translation, The status of the translation profession in the European Union, Quantifying quality costs and the cost of poor quality in translation, Size of the language industry in the EU, Programme for quality management in translation, et même La traduction à la Commission: 1958-2010.

*Le billet n’a pas été posté plus tôt car je n’ai eu l’information qu’aujourd’hui.

icon1 Par: Guillaume | icon2 Actualité de la traduction
icon4 20 sept 2012| icon3Aucun commentaire »
juin 28

À la fin du mois de juillet, Anyword aura déménagé dans ses nouveaux bureaux de Rambouillet, plus spacieux et plus calmes que ceux de Paris.

Ce sera l’occasion de recruter un Chef de projet salarié en CDI. Je copie ci-dessous l’annonce. N’hésitez pas à me contacter directement pour postuler.

L’agence de traduction Anyword (http://www.anyword.fr), située à Rambouillet, recrute un Chef de projet

Les tâches que nous vous confierons sont nombreuses et variées :

    analyse et découpage de projets ;
    établissement de propositions commerciales ;
    communication avec les clients et les intervenants externes (traducteurs, réviseurs, graphistes…) ;
    commande de travaux en externe ;
    contrôles qualité, supervision des opérations externes de révision ;
    livraison de fichiers ;
    facturation ;
    etc.

Vous travaillerez avec différents outils d’aide à la traduction, dont SDL Trados, que vous devez déjà connaître.

Vous serez intégré(e) à une équipe réduite de jeunes Chefs de projets, avec peu de hiérarchie mais un vrai souci du client et des projets.

Nous attendons de vous rigueur, débrouillardise, implication et bonne humeur.

Rémunération à négocier selon expérience

Envoyez votre CV et votre lettre de motivation à guillaume.debrebisson@anyword.fr en précisant dans l’objet de votre message électronique « Chef de projet 2012″.

icon1 Par: Guillaume | icon2 Actualité de la traduction
icon4 28 juin 2012| icon3Aucun commentaire »
oct 13

Après force cogitations sur les compétences demandées aux traducteurs par ceux qui les emploient, ce qui a donné lieu à une excellente enquête, l’Université de Rennes 2 poursuit sa réflexion, et s’interroge maintenant sur les compétences des formateurs en traduction, localisation, terminologie, rédaction technique, gestion de projets…

Dans ce cadre, le CFTTR (Centre de formation des traducteurs, terminologues et rédacteurs) de l’Université de Rennes 2 organise demain une journée d’études consacrée à ces questions, qui se tiendra dans la salle des thèses (7ème étage de l’immeuble de la Présidence).

Après une introduction de Daniel Gouadec aux enjeux de la professionnalisation des formateurs, plusieurs ateliers-débats seront l’occasion de confronter l’avis des enseignants-chercheurs spécialisés en traduction technique, en localisation, en rédaction technique, en informatique et en gestion de projets de traduction à celui de professionnels – traducteurs, rédacteurs, développeurs ou chefs d’entreprise – amenés à consacrer une partie de leur temps à l’enseignement. Enfin, une table ronde, à laquelle participeront plusieurs représentants d’agences de traduction, fera le point sur le rôle des entreprises dans la formation des étudiants.

La thématique est évidemment centrale aujourd’hui pour la formation des étudiants qui suivent des cursus les amenant à travailler plus tard comme traducteur, rédacteur ou chef de projet dans les agences et les services de traduction professionnels des grands organismes recruteurs.

Enseignants, étudiants ou professionnels, tous sont les bienvenus à cette Journée d’études, à laquelle il n’est pas trop tard pour s’inscrire (envoyer un e-mail à Daniel Toudic ou Katell Morin-Hernandez).

icon1 Par: Guillaume | icon2 Actualité de la traduction
icon4 13 oct 2011| icon3Aucun commentaire »
oct 6

Ca y est ! SDL Trados 2011 est lancé ! C’est ce matin, à l’Ambassade du Royaume-Uni, que SDL a présenté la nouvelle mouture de son logiciel fétiche à la profession. Il y avait là de nombreuses agences de traduction, et de nombreux traducteurs indépendants, venus se faire une première idée de la bête.

Après avoir rappelé sa stratégie (fournir des outils de productivité facilitant toute la chaîne documentaire, de la création du contenu jusqu’à sa publication sur plusieurs plates-formes), SDL en est vite venu à l’essentiel : présenter et démontrer les nouvelles fonctionnalités du logiciel à mémoire de traduction le plus connu.

Comme Nadège Do Carvalho l’a très bien dit dès le début de sa présentation, il ne s’agit pas d’une révolution, et cette nouvelle mouture n’apporte pas autant de changements dans l’environnement de travail du traducteur et du chef de projets que la précédente. La version 2011, en revanche, semble l’aboutissement de Studio 2009 : conception épurée, optimisations diverses, ajout de fonctions manquantes, en font un outil qu’on est désireux de tester en conditions réelles d’utilisation. L’objectif – optimiser le processus de la traduction et de la révision en tenant compte de la multiplicité des intervenants – semble, à première vue, atteint.

Les tâches de gestion des projets mieux automatisées ; la simplification de la gestion des licences ; la suppression de traitements manuels inutiles ; l’exploitation des marques de révision et des commentaires en liaison avec Microsoft Word ; l’amélioration de la suggestion de traductions en cours de frappe ; l’ajout de fonctions comme la pseudo-traduction ; la réapparition, bienvenue, de PerfectMatch ; les nouveaux formats de fichiers pris en charge (dont OpenOffice et InDesign) ; les changements apportés à la boîte de dialogue de QA Checker ; la multiplication des filtres d’affichage ; la compatibilité avec les fichiers Word billingues hérités de Trados 2007 ; la fonction Translate-to-fuzzy ; et même le discret gadget Multiterm : pris séparément, tous ces changements peuvent sembler mineurs. Ensemble, il y a fort à parier qu’ils améliorent grandement le confort de travail du traducteur, du réviseur et du chef de projets.

icon1 Par: Guillaume | icon2 Actualité de la traduction
icon4 6 oct 2011| icon31 Commentaire »
sept 22

Je voudrais signaler un article court paru sur Booxs, dans lequel l’auteure française Anna Gavalda s’exprime au sujet du métier de traducteur, à l’occasion de la parution en français aux éditions Le Dilettante du roman Stoner, de John Williams, dont elle s’est faite la traductrice. Où l’on découvre la très grande parenté entre les métiers d’auteur et de traducteur, car traduire, c’est écrire.

icon1 Par: Guillaume | icon2 Actualité de la traduction
icon4 22 sept 2011| icon34 Commentaires »

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