jan 19

L’édition suisse en ligne du quotidien 20 minutes, bien connu des Parisiens qui empruntent le métro tous les matins, lance un défi à ses lecteurs. Trouvez le meilleur mot français pour remplacer un anglicisme, et vous gagnerez peut-être un dictionnaire français-anglais, un billet pour un concert, ou un DVD ! Les mots anglais mis au pilori ? Casting, briefing, debriefing et beamer. Gageons que les traducteurs lecteurs de L’Observatoire de la traduction seront nombreux à identifier les meilleurs candidats !

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Langue, Revue de presse, Traducteurs
icon4 19 jan 2009| icon3Aucun commentaire »
déc 19

Le Conseil Européen des Associations de Traducteurs Littéraires (CEATL, http://www.ceatl.eu) publie aujourd’hui les résultats de sa première étude comparée sur la situation sociale et économique des traducteurs littéraires en Europe. L’étude, téléchargeable ici, a été effectuée en 2007 et 2008 auprès de 23 pays de l’Union Européenne.

L’étude Revenus comparés des traducteurs littéraires en Europe s’intéresse aux conditions réelles de revenus des traducteurs littéraires, et tente de brosser un tableau comparatif complet. Elle est extrêmement fouillée et bien réalisée. Tous les facteurs ont été pris en compte. aussi bien les différentes sources de revenus (traductions, mais aussi bourses ou droits d’auteurs) que la situation de l’édition dans le pays (nombre de titres publiés par an, tirage moyen, quote-part des traductions par rapport au reste, etc.). Même les différences de fiscalité et de coût de la protection sociale ont été calculées de façon à permettre une comparaison vraiment instructive. Au final, ce sont les revenus des traducteurs littéraires exprimés en pourcentage de pouvoir d’achat moyen qui sont indiqués dans les 23 pays de l’étude.

Et les résultats ne sont pas brillants. En fait, l’étude du CEAT montre clairement que les traducteurs littéraires ne peuvent subsister dans les conditions de marché actuelles. Dans de nombreux cas, les traducteurs littéraires gagnent moins de 70% du revenu moyen du secteur de la production industrielle et des services. La seule façon d’obtenir des revenus décents, comparables à ceux des traducteurs techniques professionnels, consiste à augmenter la productivité (environ 1 500 mots/jour), avec tous les risques que cela comporte en matière artistique et culturelle. Et dont on voit de plus en souvent les résultats désastreux dans les ouvrages publiés.

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Langue, Traducteurs
icon4 19 déc 2008| icon3Aucun commentaire »
déc 18

À l’heure des cadaux de Noël en retard, et avant les soldes d’hiver, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter quelques livres traitant des particularités de la langue française.

Il y a par exemple pour Bernard Pivot 100 expressions à sauver (Ed. albin Michel). Elles ont de la couleur, de la saveur, de la tchatche, de l’humour, de la drôlerie, de la cruauté, de la sagesse, de la poésie… et ne méritent pas d’être oubliées. Même mode de sélection pour le recueil réuni par Philippe Delerm aux éditions Points : Ma grand-mère avait les mêmes : les dessous affriolants des petites phrases. Toujours dans un registre familier, vous pouvez aussi offrir (mais pas à n’importe qui) Le petit livre des gros mots (Ed. first), de Gilles Guilleron, qui en contient une quantité effarante pour un format aussi réduit.

Pas convaincu par le style trop relâché de ces ouvrages ? Alors, tournez-vous vers une approche plus savante, plus austère, de la langue contemporaine. Charles Bernet et Pierre Rézeau, distingués linguistes et lexicographes, qui ont collaboré au Trésor de la Langue Française, s’intéressent dans On va le dire comme ça : dictionnaire des expressions quotidiennes (Ed. Balland), aux locutions de tous les jours, comme « S’en taper le cul contre la suspension » « Jouer les mères Térésa » « Tu me l’ôtes de la bouche » « Avoir bu l’eau des nouilles », ou encore « C’est de la bombe ! », « Dormir en cuillère », « Y’a pas le feu au lac », etc. Mais si vous avez une préférence pour les métaphores animalières, qui ont fait le succès de ce billet, procurez-vous Sauter du coq à l’âne (Ed. Albin Michel), de Georges-François Rey, qui en fait l’anthologie. Enfin, si vous avez la fibre historique, vous consulterez avec profit Les expressions qui ont fait l’histoire (Ed. Librio) réunies par B. Klein.

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Langue
icon4 18 déc 2008| icon31 Commentaire »
déc 16

Connaissez-vous Language Connexion ? Cette petite entreprise de formation à la langue anglaise fait appel à une méthode pédagogique à la fois innovante et éprouvée. Elle s’appuie en effet sur tous les supports pour proposer des cours d’anglais véritablement efficaces. Les coffrets Englishbox s’adressent à une situation spécifique (entretiens d’embauche, anglais des affaires, préparation du TOEIC, communiquer aisément) et combinent un manuel très didactique, des exercices envoyés et corrigés par Internet, et quatre cours d’anglais par téléphone d’une durée de 20 minutes chacun. Le tout pour un prix inférieur à 100€TTC ! A noter: les coffrets Englishbox sont disponibles en librairie, comme, par exemple, chez Eyrolles, mais aussi à la FNAC ou chez Brentano’s et WH Smith.

Outre ce produit d’appel déjà très complet et intelligemment conçu, Language Connexion propose des cours d’anglais par téléphone assortis à un suivi par Internet. En fédérant 40 formateurs / coachs implantés partout dans le monde, Language Connexion s’apprête à faire de l’ombre aux grandes enseignes de la formation pour adultes !

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Langue
icon4 16 déc 2008| icon31 Commentaire »
déc 11

Je reproduis ci-dessous un article trouvé dans L’Express du 4 décembre 2008, sous la plume d’Anne Vidalie.

En français, please !
Certaines entreprises abusent-elles de l’anglais ? Un procès relance le débat.

Version française contre version originale, acte II. Le litige qui oppose, pour la deuxième fois en dix-huit mois, le syndicat CFTC d’Europ Assistance à l’entreprise devant le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre relance la polémique sur l’usage excessif de l’anglais dans les sociétés françaises.
Le 27 avril 2007, les juges avaient condamné Europ Assistance à mettre à la disposition de ses salariés la version française de ses logiciels en anglais (voir l’Express du 19 avril et du 13 mai 2007). La direction n’avait pas fait appel.
Le 5 décembre, le TGI tranchera la nouvelle discorde, qui répond cette fois au doux nom d’Hyperion Financial Management. « Il s’agit d’un logiciel de consolidation financière, tout en anglais, précise Muriel Tardito, délégué syndicale CFTC d’Europ Assistance. Un guide d’utilisation en français nous a été refusé. »
L’affaire s’est gâtée lorsque la responsable de la comptabilité s’est vue accuser de multiples erreurs dans son travail. « Nous avons alors décidé de saisir une nouvelle fois le TGI, poursuit Muriel Tardito. L’utilisation d’outils et de documents en anglais ne doit pas se retourner contre le personnel faute de compréhension suffisante de cette langue ! »
L’argumentaire de l’avocat de la CFTC, Philippe Lapille, n’a pas varié d’un iota : « Comme en 2007, nous demandons l’application du Code du travail. L’employeur doit traduire en français « tout document comportant des obligations pour le salarié ou des dispositions dont la connaissance lui est nécessaire pour l’exécution de son travail ». Une nécessité qui s’impose, même si l’entreprise forme ses salriés aux langues étrangères. »
Anne Vidalie

Ci-dessous la dépêche AFP du 5 décembre, qui annonce le jugement.

Le tribunal de Nanterre, saisi par le syndicat CFTC, a ordonné vendredi à Europ Assistance France de traduire en langue française un logiciel de comptabilité qui n’avait été mis à disposition des salariés qu’en anglais, selon un jugement dont l’AFP a eu copie.
Le jugement, rendu par la 2e chambre civile du tribunal de grande instance (TGI) est assorti d’une astreinte de 5 000 euros par jour de retard, passé un délai de 3 mois à compter de vendredi.
La filiale de l’assureur italien Generali devra également verser 1 euro de dommages-intérêts à la CFTC et 3 000 euros au titre des frais de procédure.
Selon le tribunal, qui s’appuie sur le code du travail (article L 1321-6), « l’employeur doit fournir une version française de tous les documents nécessaires aux salariés pour l’exécution de leur travail, excepté s’il s’agit d’un document reçu de l’étranger ou destiné à des étrangers ».
Lors de l’audience, le 31 octobre dernier, l’avocate d’Europ Assistance, Me Estelle Dapoigny avait fait valoir que les salariés concernés, peu nombreux à utiliser ce logiciel, avaient reçu une formation, qu’ils disposaient d’un guide d’utilisation et que personne ne s’était plaint depuis sa mise en place, en 2005. Personne à l’exception d’une salariée, dont l’avocate avait souligné un « problème individuel » de « compétence ».
Le tribunal estime que le faible nombre de salariés à utiliser le logiciel ne constitue pas un motif de dispense de son obligation légale pour Europ Assistance, qui avait déjà été condamnée dans une affaire similaire en avril 2007.

…Il est probable que Europ Assistance se retournera vers Oracle, qui a racheté Hyperion il y a peu, et exigera la localisation du logiciel. A l’heure actuelle, si l’on visite le site d’Oracle à la recherche d’informations sur la suite Hyperion, tout laisse penser qu’elle n’est pas traduite. Ce qui est surprenant, Oracle faisant partie des grands clients traditionnels des sociétés de localisation.

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nov 7

J’ai découvert récemment un groupe Yahoo déjà ancien, Eurêka, qui fait connaître des ressources linguistiques sous la forme d’une liste de diffusion, tout en exerçant une veille Internet dans tous les domaines liés à la langue. Eurêka analyse, évalue et fait ressortir les aspects des ressources repérées qui sont particulièrement aptes à faciliter la pratique professionnelle. Animé par Yvan Cloutier, le groupe existe depuis 1999, et constitue une véritable mine d’informations, avec plus de 700 participants et 10 000 messages postés. Allez-y, c’est ici : http://fr.groups.yahoo.com/group/eureka/.

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icon4 7 nov 2008| icon3Aucun commentaire »
oct 24

Traduction technique financière pour tous de la crise mondialeLoin d’une traduction technique, Adelita Genoud nous propose dans ce billet de La Tribune de Genève, une vulgarisation des termes financiers auxquels nous sommes soumis à longueur de journée en ce moment. Son Lexique pour ceux qui pataugent dans la crise est à la fois utile, clair et exact. N’hésitez pas à vous y reporter si vous avez des doutes sur votre compréhension du credit crunch, des subprimes, de la titrisation et autres délices virtuels aux conséquences bien réelles sur notre porte-monnaie.

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icon4 24 oct 2008| icon31 Commentaire »
oct 9

Translators Café

Je découvre un excellent blog sur la traduction, sobrement intitulé Translator’s Café, comme la place de marché bien connue mais apparemment sans lien avec elle. Lancé par Jorge Vargas Rivas à partir de Puerto Montt, au Chili, le Translator’s Café se veut une initiative journalistique libre destinée à créer un portail d’actualités au sujet du monde de la traduction, l’interprétation de conférence, l’enseignement des langues, la littérature, etc. Rédigé pour l’essentiel en anglais, le Translator’s Café accueille aussi des articles écrits dans d’autres langues, un peu à la façon de Cafébabel.

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juin 15

Le Petit RobertOn en parlait ici-même il y a quelque temps, les dictionnaires ajoutent régulièrement des mots et des sens nouveaux. Justement, le nouveau Petit Robert vient de sortir, et contient environ 300 mots nouveaux cette année : en particulier blog, blogosphère, baladodiffusion… Pas d’infos, en revanche, sur les mots qui ont été supprimés pour permettre ces arrivées !

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icon4 15 juin 2008| icon3Aucun commentaire »
avr 23

Les Disparus du Litttré, d'Héloïse Neefs, Fayard, 1318 pagesTrouvé dans Les Echos du 22 avril, cet excellent article de Emmanuel Hecht au sujet de l?ouvrage Les Disparus du Littré, d?Héloïse Neefs, paru chez Fayard avec une préface d?Alain Rey.

Vie et mort des mots

Un « schizopode » n?est pas un unijambiste atteint de troubles de la personnalité, mais un animal doté de pieds fendus. Un « étriquet » n?est pas un « métrosexuel » étroit d?épaules, mais un filet. Un « contre-à-contre » n?est pas une posture du « Kama-Sutra », mais un terme de marine désignant des navires ? ou des objets ? très près les uns des autres, mais sans se toucher, parallèlement à la longueur. Ignorer le sens de ces mots n?a rien de scandaleux, ils ont disparu de la langue française. Chaque année, les éditeurs de dictionnaires fournissent une liste d emots nouveaux et les journaux se font un devoir de leur rendre un hommage. Mais aucun d?entre eux ne divulgue la liste des mots évincés, « tués », dans le jargon des lexicographes.

Héloïse Neefs, professeur, lexicographe, traductrice, les rappelle à notre bon souvenir dans « Les Disparus du Littré ». « Ceci n?est pas un dictionnaire, ni un roman, mais la vie des mots », précise-t-elle. Ce pavé de plus de mille trois cents pages est pourtant conçu comme un dictionnaire, il parle de mots « morts » et il se lit comme un roman historique. « La déploration de la « mort » des mots n?est pas l?affaire des linguistes, mais celle des amoureux du langage », précise Alain Rey dans une longue préface en forme de traité de biologie du langage : « le lexique bouge sans cesse ; plus vite que les sons du langage, beaucoup plus que la syntaxe ».

Chaque génération a ses modes, ses habitudes. Les mots disparaissent lorsque ce qu?ils désignent cesse d?être. Mais ce n?est pas systématique. Le remplacement du boulet, en artillerie, par d?autres projectiles, n?empêche pas l?usage figuré du mot. Même constat pour le vilain, disparu comme paysan pauvre, toujours présent au sens moral. Un mot trop court a souvent une vie abrégée, il n?a pas su s?imposer : « é » ou « ef » pour « abeille », par exemple. A l?inverse, des archaïsmes subsistent, mais on en a oublié le sens. Dans « il y a péril en la demeure », « demeure » en signifie pas « habitation », mais le fait de demeurer, de rester immobile, inactif. Un archaïsme peut aussi avoir un sens restreint : « pis » a signifié « poitrine », avant de se limiter aux tétines des vaches laitières : de même que « traire », qui, jadis, signifiait « tirer », est l?apanage de quelques mammifères. On note des retours en grâce : la « chienlit » et le « quarteron » lancés par De Gaulle, l?« abracadabrantesque » soufflé à Chirac par Villepin, « souci », « volontiers », « étrangeté », « incorrect », donnés pour obsolètes au XVIIè, un siècle plus épurateur que d?autres. « Les mots sont tous menacés, mais tous capables de renaître, conclut Alain Rey. Des immortels, peut-être ? ».

« Les Disparus du Littré » ne sont pas une « grimauderie »[1] de plus, voire un « grimelinage »[2], mais au contraire un « donatif »[3] plein de surprises.

Emmanuel Hecht

[1] Langage de pédant, radotage.

[2] Petit jeu mesquin.

[3] Présent qu?on fait à quelqu?un

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icon4 23 avr 2008| icon3Aucun commentaire »

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