En panne d’inspiration pour mes prochains billets (il n’aura échappé à aucun de mes lecteurs que mon rythme de publication s’est beaucoup ralenti ces dernières semaines), je consultais les blogs consacrés à la traduction et le hasard m’a amené sur un amusant outil, qui se flatte de détecter si la traduction que vous lui fournissez provient ou non d’un outil de traduction automatique. Vous fournissez le texte source et le texte cible, vous cliquez sur le bouton Compare et, hop !, il vous dit si le texte cible provient d’un outil de traduction automatique ou non ! Ca ne sert pas à grand chose, je pense, puisque, à ce stade, la traduction a déjà été livrée, mais autant savoir ce qu’il en est, c’est vrai. C’est tout de même assez bien fait, puisque la vérification s’opère dans Google Translator, Bing Translation, et Yahoo! Babelfish, soit les trois principaux acteurs de la traduction automatique en libre service.
Et puis, là, en bas, un bouton Human translation attire l’oeil. Je poursuis donc ma visite en le cliquant. Et j’arrive sur la page d’un service de traduction humaine automatisée intitulé One Hour Translation. Ni agence ni place de marché, ce site web d’un nouveau genre propose aux clients de poster leur texte à traduire, d’obtenir un devis instantané et, après paiement, envoie le texte à l’un des 10 000 (?) traducteurs enregistrés, qui fait le travail, livre le site, et reçoit son propre paiement sur une carte bleue spécifique.
Bref, ce n’est pas la traduction elle-même mais tout le travail de gestion de projet qui est automatisé. C’est en quelque sorte l’agence « zéro-humain », où tous les échanges se réduisent à des e-mails et des virements automatisés. Le site se voit vraiment comme une sorte de « moteur » puisqu’il propose de nombreux modes de collaboration aux visiteurs. Il est bien entendu possible de s’y inscrire en tant que traducteur (mieux vaut quand même lire les FAQ avant : c’est édifiant), mais aussi comme affilié, représentant commercial, voire même de construire un site web renvoyant directement les échanges sur eux, qui fonctionnent alors en « marque blanche ». Le site free translation de SDL fonctionnerait d’ailleurs de cette façon, en confiant tout le travail à One Hour Translation !
Il faut bien reconnaître que, pour les clients avertis, cette solution doit sembler avantageuse : on poste son texte source, on paie, et on reçoit son texte cible sans aucun contact, conversation inutile avec un commercial qui vous force à réfléchir à votre demande, etc. Même le service de translated.net est moins automatisé ! La question qui se pose, évidemment, c’est de savoir comment sont résolues les situations délicates et les problèmes courants.
En tous les cas, il faut bien reconnaître que l’automatisation des tâches de gestion de projets semble plus logique que l’automatisation du processus de traduction lui-même. C’est une voie d’amélioration de la productivité (et de diminution des coûts) qui laisse la traduction aux traducteurs, de la même façon que les outils de dictée vocale permettent aux traducteurs d’accroître leur rendement sans prétendre les remplacer dans la fonction de transfert.
Alors, bon ou pas bon ? Difficile à dire sans tester… mais je ne suis pas sûr de le faire dans un avenir proche.
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