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Publier dans les temps la version française de The Lost Symbol, le dernier ouvrage de Dan Brown, auteur du célèbre Da Vinci Code, a relevé d’un véritable exploit pour les Editions J.C Lattès… et ses traducteurs !

Et, pour une fois, les deux traducteurs chargés de rendre possible cette performance ont témoigné. Ils nous expliquent dans cet article comment ils se sont partagés le travail, ont refusé toute autre sollicitation pendant un mois, ont travaillé 16 à 17 heures par jour, six jours sur sept, bref se sont véritablement consacrés à leur ouvrage, pour abattre chacun leur part des 600 pages du manuscrit.

Cet entretien, publié sur le site Fluctuat.net, est aussi complété par une vidéo DailyMotion (voir ci-dessous), et par une autre interview, publiée sur le site du Parisien. Outre les méthodes de travail et le rythme stakhanoviste, on y apprend que l’éditeur américain avait à un moment songé à faire venir les tous les traducteurs aux Etats-Unis pour qu’il travaillent sur site tous ensemble ! Quand on sait que l’ouvrage de Double Day est traduit dans 40 langues, on imagine ce que cela aurait donné.

Finalement, chaque maison d’édition nationale a dû mettre en place son propre système pour traduire le plus vite possible ce Best seller annoncé. C’est ainsi qu’en Islande, l’ouvrage a été traduit en à peine… une semaine ! Il était partagé entre une dizaine de traducteurs utilisant les méthodes et l’organisation de la traduction collaborative. Malheureusement, j’ignore les modes d’harmonisation et de relecture qui ont été mises en place par cet éditeur.

On imagine sans peine que les autres maisons d’édition ont dû rivaliser d’imagination pour mettre en place le système le mieux à même de concilier rapidité et qualité de traduction. On est d’ailleurs curieux de savoir ce que chacune a mis en place. Ce serait un sujet d’étude intéressant, car il n’y a aucun doute que la vitesse de production entre de plus en souvent en conflit avec le besoin de traduction. Quand l’information est rendue disponible simultanément à l’échelle planétaire, on vit tous de plus en plus mal le délai de mise à disposition imposé par nos différences de langues. C’est le fameux problème du Time-to-market, que réduisent toujours un peu plus les éditeurs de logiciels par exemple. Encore ont-ils la possibilité d’exploiter des sytèmes à mémoire de traduction et autres systèmes technologiques qui leur fournissent une sérieuse aide. Ce n’est évidemment pas applicable ni à la littérature ni, par exemple à la presse ou aux blogs.

icon1 Par: Guillaume | icon2 Actualité de la traduction
icon4 2 déc 2009| icon32 Commentaires »

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