juil 31

Je lis en ce moment Profession Traducteur, de Daniel Gouadec, dont la 2ème édition est parue cette année aux éditions La Maison du Dictionnaire. J’avais publié il y a quelques mois un billet pour signaler l’excellent site Web du même nom, qui comporte en particulier de nombreux liens utiles. J’y suis souvent retourné, et j’ai fini par acheter le livre et m’y plonger.

Et cet ouvrage est passionnant : très agréable à lire tant le style est fluide et naturel, le texte est fouillé, informé, détaillé. La quantité d’informations fournies à la page est tout bonnement impressionnante. L’auteur, Daniel Gouadec, est une telle référence en matière d’enseignement de la traduction* qu’il n’est pas surprenant d’apprendre du nouveau dans son livre. L’inattendu de l’affaire c’est le caractère complet, fini, de l’ouvrage. A cet égard, le titre est légèrement trompeur : il ne s’agit pas tant de présenter la profession de traducteur que d’expliquer toutes les arcanes, toutes les subtilités des métiers de la traduction.

C’est bien simple : tout y est. Du marché de la traduction à la description du poste de travail du traducteur en passant par les différents statuts, les démarches d’installation, l’organisation d’un projet de localisation lourd, les relations entre les intervenants, les effets de l’informatisation et de l’industrialisation sur le métier et, bien sûr, la question de la formation. Mais l’énumération des rubriques est insuffisante à rendre justice à ce document de référence. Bourré d’infos, travaillé (au sens où l’artisan remet sans cesse l’ouvrage sur le métier), plein de réflexions pertinentes où l’humour ne manque pas (il faut lire les -nombreuses- notes en bas de page), c’est à un véritable voyage que nous convie ce Guide Michelin* de la traduction. Un voyage parfois heureux et parfois moins, où tous les aspects de la profession sont successivement présentés, commentés, puis analysés, à la fois sous l’angle du traducteur et sous celui du donneur d’ouvrages. S’il fallait faire un reproche au livre de M. Gouadec, on pourrait, après réflexion, regretter dans certains cas le côté trop détaillé (!). On sent bien qu’il ne s’agit pas d’un regret majeur : même si sa lecture est un plaisir pour le connaisseur, celui-ci ne doit pas oublier que l’ouvrage qu’il a en mains a d’abord été rédigé pour les nouveaux venus. Et on peine à imaginer comment ils regretteraient de disposer de trop d’informations.

Ce guide devrait d’ailleurs se trouver sur la table de chevet de tout étudiant en traduction. On constate encore trop souvent, même au niveau du Master deuxième année, une ignorance certaine des tenants et aboutissants de la profession, du milieu, des usages, des outils, du marché. Il est frappant de constater parfois le peu de curiosité de certains étudiants pour ces données essentielles à leur exercice futur des professions de traducteur, chef de projet, veilleur, etc. Qu’ils lisent cet excellent livre ! Ils bénéficieront en peu de temps de l’essentiel du savoir accumulé au fil des ans par l’un des principaux témoins des évolutions de notre métier. Quant aux autres, professionnels déjà installés et expérimentés, ils trouveront un grand plaisir à voir confortées leurs analyses du secteur et de ses évolutions, et seront heureux de pouvoir à tout consulter à tout moment cette Bible de la traduction et des traducteurs.

Deux mots, pour finir : Lisez-le !
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*Pour ceux qui ne le sauraient pas, Daniel Gouadec dirige le Centre de formation de Traducteurs-Localiseurs, Terminologues et Rédacteurs, et le Centre de Recherches et d’applications en ingénierie linguistique, documentaire et multimédia de l’Université de Rennes 2. Il préside l’Association française des formations universitaires aux métiers de la traduction. Voir Gouadec.net, CFTTR, et CRAIE.
**Ou ce Baedeker ?

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juil 28

Le site ActuSF publie une table ronde de traducteurs d’ouvrages littéraires qui échangent leurs meilleurs et pires souvenirs de traduction. Très plaisant à lire, et encourageant, malgré tout, pour tous ceux qui souhaitent se lancer dans la carrière. Une lecture roborative, qui donne envie de s’y remettre, une fois le mois d’août passé !

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Actualité de la traduction
icon4 28 juil 2009| icon31 Commentaire »
juil 24

CB Translation, l’entreprise de Caroline Bajwel, qui a fondé et dirigé, avant de la céder, ARI (Assistants Record International), commercialise Gemini, un convertisseur de fichiers PDF. Bien que ce ne soit pas le seul logiciel de ce type suir le marché, celui-ci serait capable de convertir des fichiers PDF au format RTF (récupérable dans Word) sans laisser de marque de paragraphe à chaque fin de ligne, et en conservant la mise en page.

Du même coup, les fichiers convertis sont exploitables directement dans des outils de TAO comme SDL Trados, DéjàVu etc. Si cela se vérifie, c’est une excellente raison de se procurer le logiciel. Tous les traducteurs, et toutes les agences, mesurent le temps perdu à tenter de récupérer sous une forme éditable les textes livrés par leurs clients au format PDF.

Vous pouvez télécharger Gemini gratuitement pour le tester dans sa version PC ou Macinthosh (OS X 10.4 et processeur Intel, ou OS X 10.4 et processeur PowerPC). Enfin, vous pouvez l’acheter en vous rendant en bas de cette page Web.

Gemini est vendu 126,55€HT, un prix justifié s’il tient ses promesses (màj : 46,96€HT).

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Outils de traduction
icon4 24 juil 2009| icon34 Commentaires »
juil 20

La traduction automatique séduit de plus en plus de sites Web d’actualité. Ces solutions semblent répondre à un problème difficile à résoudre avec les moyens traditionnels : comment diffuser en plusieurs langues un contenu rédigé dans une seule quand on publie des actualités plusieurs fois par jour ?

Un problème qui se pose pour les blogs les plus connus, mais qui apparaît encore plus crucial pour les journaux en ligne. C’est ainsi que le site du Ministère de la Culture (malgré l’indignation, justifiée, de la profession) et celui de La Tribune, dont les contenus ont peu de points communs, sont tous deux traduits dynamiquement par des logiciels, sans relecture humaine. Dans les deux cas, le contenu de la page Web active est envoyé au moteur de traduction lorsque l’internaute indique qu’il veut prendre connaissance de la version étrangère en cliquant sur un bouton. Quelques instants plus tard, la page traduite est affichée par le navigateur en lieu et place de la page d’origine.

Le résultat ? Catastrophique, pour le moment (lire à ce sujet la dépèche de l’AFP). Et pourtant, il y a de fortes chances qu’il s’améliore assez vite, au moins dans le cas de La Tribune. En effet, le quotidien économique a fait appel à Systran* pour assurer la traduction automatisée de son actualité. Systran, on le sait, exploite désormais un moteur de traduction hybride, qui complète l’analyse syntaxique traditionnelle du texte source par une analyse statistique, qui se fonde sur un corpus de textes similaires, et dont le fruit permet au logiciel de choisir la solution la plus fréquente entre deux propositions du moteur syntaxique. Le système de traduction de La Tribune fonctionne en ce moment à titre de test. On imagine sans peine qu’il s’agit en fait de constituer le corpus qui, une fois relu (espérons-le), alimentera le moteur après la période de test. Si c’est bien de cette façon que sont menées les opérations, il y a de grandes chances pour que la qualité de la traduction s’améliore subitement. D’autant que le champ lexical reste relativement restreint : tous les textes traitent de finances et d’entreprise.

Le Ministère de la Culture n’aura sans doute pas cette chance. En effet, le moteur de Reverso (qui a été développé à l’origine par promt) n’a pas connu de modification majeure ces dernières années. Quoique donnant d’excellents résultats, il fonctionne toujours sur la base d’une analyse syntaxique seule : la seule amélioration possible consiste à personnaliser les dictionnaires employés par le logiciel. Mais, pour cela, il faut savoir de quoi traiteront les textes à traduire. Il est probable que le degré de personnalisation apporté aux dictionnaires utilisés par le logiciel qui traduit le site du Ministère de la Culture est assez faible, puisque les textes ne sont pas connus à l’avance, et que les traductions ne sont pas modifiées par la suite. Comme, par ailleurs, le logiciel peut pas prendre en compte l’analyse statistique d’un corpus de documents, et qu’il traite des textes dont le spectre sémantique est très large, il a peu de chances d’améliorer ses performances dans ce cas précis**.

De toutes les façons, la traduction « à la volée » d’une page Web ne peut pas donner de résultats vraiment satisfaisants, quelles que soient les qualités des logiciels qui s’en chargent. Il faudrait confier la révision des textes traduits à des traducteurs professionnels, et intégrer les mémoires de traduction ainsi constituées au corpus de textes qui servent de base à l’analyse statistique réalisée par le logiciel. Et confier aux mêmes traducteurs le soin de mettre à jour, en cours de révision, les dictionnaires personnalisés employés par le logiciel. On obtiendrait alors un cercle vertueux, où pourraient se concilier rapidité et qualité. Le logiciel de Systran en a les capacités. Et c’est ce que souhaite réaliser Google avec son Google Translator’s Toolkit. Mais là où Google tente d’exploiter gratuitement le travail de traducteurs indépendants professionnels, il est possible de construire une véritable offre de service, payante, qui réponde aux besoins des donneurs d’ordre pour lesquels la rapidité est cruciale, sans pour autant sacrifier la qualité.

Ou bien les éditeurs de presse préfèrent-ils prendre le risque de diffuser des informations… fausses*** ?

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*Bien entendu, les produits de traduction automatique en question dans ce billet n’ont rien à voir avec ceux disponibles sur les sites Web de leurs éditeurs. Il s’agit des versions professionnelles, dont les résultats sont bien supérieurs.

** Sans compter que le site est desservi par une navigabilité particulièrement désastreuse depuis quelque temps. La traduction ne fonctionne pas sur toutes les pages, par exemple. Ou bien le nouveau Ministre aurait-il décidé de supprimer la traduction automatique de ces pages ? Affaire à suivre…

***Sur la question de la traduction automatique, ne pas manquer cet article du Monde.

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Actualité de la traduction
icon4 20 juil 2009| icon35 Commentaires »
juil 9

Le blog Parutions signale la sortie de l’ouvrage de François Ost Traduire – Défense et illustration du multilinguisme aux éditions Fayard. Un titre militant pour un propos qui mêle intelligemment histoire, critique, réflexion sociologique, refusant que la mondialisation ne soit synonyme d’uniformisation culturelle, et réaffirmant son immense potentiel de créativité, à condition de respecter toutes les cultures. L’article qui présente l’ouvrage, rédigé par Natacha Milkoff, en fait une synthèse complète et lumineuse, qu’il est agréable et instructif de lire pour elle-même. Bref, encore deux bons textes à lire sur la traduction !

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Actualité de la traduction
icon4 9 juil 2009| icon31 Commentaire »
juil 3

Hadès, un magazine multiculturel bilingue français-espéranto qui s’intéresse aux cultures du monde, lance un second titre.

Quiproquo, c’est son nom, se consacre à l’actualité des langues. Place des langues dans les organisations privées ou publiques, langues régionales, langues menacées, langues et cultures, enseignement des langues… Tous les aspects de la langue en général et de chaque langue en particulier sont abordés. au sommaire du premier numéro : Faut-il légiférer en plusieurs langues ? ; la perception de l’espéranto comme langue internationale ; un reportage sur une association espagnole qui tente de faire revivre l’indo-européen ; les technologies d’identification des langues ; et des exemples d’outils de traduction automatique.

On le voit, les angles sont nombreux et la matière… riche ! souhaitons donc longue vie à ce nouveau magazine en ligne.

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Langue, Site de traduction
icon4 3 juil 2009| icon32 Commentaires »

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