avr 30

Donald A. DePalma et Benjamin B. Sargent analysent dans Global WatchTower les effets probables de l’accord récemment annoncé par SDL et Language Weaver, selon lequel le premier distribuera désormais les produits du second (voir le communiqué de presse conjoint).

Jusqu’à présent, SDL ne disposait pas d’un moteur de traduction automatique statistique : SDL Translation Server (acquis à l’origine auprès d’Idiom) est un moteur syntaxique, à base de règles linguistiques. Language Weaver, en revanche, distribue un moteur de traduction statistique, qu’il vend en priorité aux administrations. L’accord de partenariat signé entre les deux sociétés permet à Language Weaver de pénétrer le monde des entreprises sans investir dans une force de vente dédiée, tandis que SDL bénéficie désormais d’un outil de traduction complémentaire de Translation Server et de Trados, ses autres solutions logicielles.

La grande question reste bien entendu l’intégration de tous ces produits : ce n’est pas parce que le même éditeur propose toutes les technologies de TAO qu’elles sont pour autant exploitables dans de bonnes conditions par ses utilisateurs.  L’article de Don DePalma souligne aussi d’autres aspects de ce partenariat, dont, par exemple, le fait que SDL n’est guère habitué à collaborer avec d’autres entreprises.

Ils examinent aussi l’effet sur les sociétés de localisation concurrentes, comme Lionbridge, mais n’évoquent pas des solutions logicielles directement concurrentes. Pourtant, Systran présente en ce moment la version 7 de son serveur d’entreprise, qui intègre en un seul produit un moteur de traduction syntaxique, un moteur statistique et un outil de mémoire de traduction. Nous vous en dirons bientôt plus sur la question.

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avr 28

Je voudrais signaler l’excellent dossier paru dans le numéro d’avril de La Recherche au sujet des langues vivantes. Intitulé « L’avenir des langues », ce dossier complet traite aussi bien la question de la disparition des langues (2 500 sur 7 000 seraient menacées d’extinction rapide d’après l’Unesco), que de leur apparition (de nouvelles langues se créent régulièrement, comme le Spanglish aux Etats-Unis) et, bien sûr, du développement exceptionnel de la langue anglaise au sein des Universités, des entreprises, des organisations internationales…

Bourrés d’informations, les articles de ce long dossier battent en brèche les idées reçues. Ainsi découvre-t-on qu’Internet, loin de favoriser l’uniformisation tant redoutée autour de l’anglais, est en fait un vecteur de diffusion de langues moins pratiquées depuis l’adoption du langage Unicode, qui permet d’utiliser tous les alphabets. On revient aussi sur la longue traîne des langues (dont nous parlions ici) : 0,2% des langues mondiales (les douze premières) sont pratiquées par 44,3% des locuteurs de la planète, et les soixante-douze suivantes (1,2% des langues) représentent 38% des locuteurs !

Optimistes, les auteurs (Louis-Jean et Alain Calvet) rappellent toutefois que le nombre de locuteurs n’est pas la seule cause de survie d’une langue ; d’autres facteurs interviennent, comme la présence sur Internet, le nombre de pays où elles sont officielles, le nombre de Prix Nobel de littérature, etc. Facteurs qui favorisent parfois l’éclosion de langues nouvelles, comme le Spanglish, parlé par plusieurs millions de personnes. C’est ce qui amène les auteurs à imaginer un modèle « gravitationnel » de représentation de l’importance relative des langues, reliées entre elles par leurs locuteurs bilingues. Dans ce modèles, les langues périphériques sont plus menacées que celles dont elles dépendent (appelées centrales), qui elles-mêmes courent plus de risques que les langues centrales, et ainsi de suite.

Outre la longue interview de Jean-Marie Hombert, linguiste à l’Institut des Sciences de l’Homme de Lyon, et responsable du projet de Contribution linguistique à l’histoire de l’Afrique subsaharienne, qui explique en quoi la diversité culturelle de l’Afrique est menacée par l’extinction de certaines langues, le dossier comporte aussi une cartographie des langues en voie d’extinction, et un long article sur la progression de l’anglais.

Cet état des lieux de l’utilisation de l’anglais souligne plusieurs paradoxes, comme la multiplication des Masters (souvent des MBA) dispensés en anglais, ce qui revient à pratiquer un enseignement de haut niveau dans une langue dont les enseignants comme les étudiants n’ont qu’une connaissance partielle, donc approximative. De la même façon, il n’est pas certain que l’usage exclusif de l’anglais pour la diffusion des connaissances scientifiques soit toujours un bienfait. L’article de Claude Truchot souligne aussi de nombreux facteurs favorables aux langues nationales, et refuse de se clore sur un sorte de constat d’échec des langues européennes face à l’anglais.

Bref, tout le dossier vaut la peine d’être lu avec attention, tant il fourmille d’informations, de données, et de références passionnantes sur le sujet des langues dans le monde.

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Actualité de la traduction
icon4 28 avr 2009| icon3Aucun commentaire »
avr 20

Traducteurs professionnels ou débutants, connaissez-vous l’Association professionnelle des métiers de la traduction ? Cette association, qui avait au début un rayonnement purement régional, mène de nombreuses actions d’information et de formation auprès des traducteurs indépendants, des étudiants en traduction et des organismes représentatifs pour sensibiliser ces différents publics aux problématiques propres à notre métier. De la normalisation de la typographie aux questions de traduction automatique en passant par les conseils marketing, les sujets abordés sont nombreux. Avec quinze années d’exercice à son actif, Aprotrad constitue une vraie mine d’informations pour les traducteurs en début de carrière qui souhaitent bénéficier de conseils avisés.

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Actualité de la traduction
icon4 20 avr 2009| icon32 Commentaires »
avr 17

Jean-Luc Goudet a rédigé un excellent article de vulgarisation sur la traduction automatique, son historique, les principales techniques utilisables, leurs avantages et leurs inconvénients. Publié sur le site Futura Sciences, « Traduction automatique : les années où tout a changé » fait un très bon point de synthèse sur la question, clair et abondamment illustré.

Visiblement très alimenté par la documentation de Systran, l’article a le mérite de présenter les progrès de la technologie sans faire l’impasse sur les difficultés énormes qui attendent les éditeurs de logiciels à l’avenir. De fait, une fois combinées les technologies syntaxique et statistiques, il va être très ardu de progresser encore dans la restitution correcte des textes traduits par la machine. À moins que la nouvelle version de Systran ne recèle d’énormes suprises ? C’est ce que nous vous dirons bientôt.

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Traduction automatique
icon4 17 avr 2009| icon3Aucun commentaire »
avr 15

Ce court billet pour signaler deux articles concernant la traduction, déjà anciens, parus dans Le Figaro et toujours accessibles dans la version en ligne du quotidien national.

Tout d’abord, un entretien passionnant avec Umberto Eco, à l’occasion de la publication de son ouvrage Dire presque la même chose (Grasset, 460 p.), qui traite des défis de la traduction en s’appuyant sur des situations concrètes commentées par l’illustre écrivain, lui-même traducteur des ouvrages de Queneau et de Nerval. Il y explique comment la traduction est avant tout affaire de négociation, tant il est impossible d’exprimer exactement dans la même chose dans deux langues différentes.

Ensuite, un article intitulé « La seconde vie des romans français« , qui fait le point sur la santé du secteur de la traduction d’ouvrages littéraires français à l’étranger. Contrairement à ce qu’on aurait tendance à croire, les livres français s’exportent, puisque les droits de traduction de plus de 6 500 ouvrages français ont été vendus dans le monde en 2006, dont plus de 2 000 livres de littérature. Et l’on apprend que nos écrivains sont particulièrement appréciés en Italie, en Espagne, au Brésil, en Argentine, en Chine, mais assez peu au Japon ou aux Pays Bas, par exemple. Le mécanisme même de la cession de droits est abordé dans le détail au travers de l’interview de plusieurs intervenants, dont des éditeurs, des agents littéraires et des représentants des organismes d’aide à la traduction.

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Revue de presse
icon4 15 avr 2009| icon3Aucun commentaire »
avr 13

Common Sense Advisory mène depuis plusieurs années une enquête trimestrielle sur la santé du secteur de la traduction, appelé Global Confidence Survey. Très simple, le questionnaire ne prend que quelques instants à remplir : on indique si la santé de l’entreprise était bonne le dernier trimestre, si l’on prévoit une amélioration ou une dégradation pour le trimestre à venir, et la source des principaux problèmes rencontrés (est-ce un manque de demande, un manque de liquidités, etc.). Au final, il s’agit de mesurer le volume de la demande pour les trois derniers mois, le volume prévu pour les trois mois à venir, la situation actuelle des affaires, la situation financière actuelle la prévision de l’activité à 6 mois, l’emploi sur les trois mois passés et sur les trois mois à venir.

Les intervenants interrogés sont aussi bien des fournisseurs (des agence de traduction, comme Anyword), des clients, ou des professionnels indépendants. Même si vous ne pouvez plus participer à l’enquête de ce trimestre-ci (la collecte de données se terminait le 10 avril), vous pouvez demander à être sollicité pour la prochaine en envoyant un message à don @ commonsenseadvisory.com (ou en vous inscrivant sur le site de Common Sense Advisory, qui vaut le détour).

Pourquoi participer ? Parce que cela vous donne accès aux résultats du précédent questionnaire, et à l’analyse qu’en fait Common Sense Advisory. Et, bien que ce ne soit pas réjouissant en ce moment, c’est très informatif. La dernière livraison, qui dépuille les questionnaires du dernier trimestre 2008, compare ainsi les prévisions des acheteurs et des vendeurs de traduction sur toute l’année 2008 : du second trimestre par rapport au premier, du troisième par rapport au deuxième, et du quatrième par rapport au troisième. De trimestre en trimestre, et de question en question, le déclin est patent. Autrement dit, la crise est sensible aussi dans le monde de la traduction en général, et pas seulement chez tel ou tel acteur, dans tel ou tel pays. Le savoir et le mesurer peut permettre à chacun de redéfinir sa stratégie personnelle en ces temps troublés.

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avr 12

Bel article de Stéphanie Grammond dans La Presse Affaires, la version Web du grand quotidien québecois La Presse, au sujet de l’arbitrage nécessaire entre termes français et termes anglais dans les journaux.

Le dilemme n’est pas simple : pour conserver la langue française, il faut l’employer, mais pour être efficace et se faire comprendre de ses lecteurs, c’est parfois l’anglais qu’il faut privilégier. La journaliste puise dans la terminologie financière, particulièrement à la Une en ce moment, pour fournir plusieurs exemples de cas difficiles à résoudre.

Certains ont eu une fin heureuse, comme « fonds commun de placement » qui a supplanté « fond mutuel », lequel n’était qu’une pâle copie, avec perte de sens au passage, de « mutual fund« . D’autres ont moins d’espoir : si vous ne savez pas ce qu’est un TGCRDE, lisez l’article !

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Revue de presse
icon4 12 avr 2009| icon3Aucun commentaire »
avr 10

SDL présentera SDL Trados Studio 2009 à l’hôtel Méridien Montparnasse de Paris au cours d’un événement qui se tiendra le 14 mai de 14h00 à 17h00. Cette nouvelle version est présentée comme « révolutionnaire » par l’éditeur de logiciels.

Comme SDL a déjà intégré la traduction automatique à son logiciel à mémoire de traduction, on suppose qu’il s’agit, enfin !, d’une interface entièrement revue et, peut-être, de l’intégration des fonctionnalités des produits auparavant vendus séparément par Idiom, SDL et Trados. Ronald A. DePalma annonçait cette intégration comme imminente en novembre dernier dans ce billet du blog Global WatchTower, après avoir interrogé Mark Lancaster, le CEO de SDL.

Outre la découverte de la nouvelle technologie de SDL, cet événement sera aussi l’occasion de rencontrer l’équipe de Trados et de réseauter avec les autres participants. N’hésitez donc pas à vous enregistrer (c’est gratuit!) sur le site Web de SDL.

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avr 10

Je voudrais la parution sur le blog du Monde d’un article passionnant et très bien documenté sur la place déclinante du français, et sur les spécificités linguistiques : on sait que les Inuits ont quantité de mots pour décrire le blanc, mais saviez-vous que les langues bantoues distinguaient une dizaine de genres (contre trois pour nous: masculin, féminin et neutre) ?

Fondé à la fois sur les chiffres de l’influence des langues dans le monde et sur la constatation de ces particularismes, le long billet rédigé par argoul entame une réflexion sur la traduction et liste une série de propositions concrètes pour maintenir la place du français dans le concert des langues. Un must-read ;-) .

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icon1 Par: Guillaume | icon2 Langue, Revue de presse
icon4 10 avr 2009| icon3Aucun commentaire »
avr 9

La nouvelle conférence de The Localization World se tiendra à Berlin du 8 au 10 juin 2009 et réunira de nombreux acteurs et témoins du marché.

Quatre grands thèmes sont au programme : Global Business Best Practices, Managing Global Websites, Localization Core Competencies et Advanced Localization Management. Chaque jour, quatre interventions nourriront chacun de ces thèmes, qui auront été introduits le lundi 8 juin par la journée de « pré-conférence ».

Les intervenants sont tous des acteurs majeurs de la localisation, comme Renato Beninatto (Common Sense Advisory), Melissa Biggs (Sun Microsystems), Kathleen Bostick (Lionbridge), Daniel Goldschmidt (LocFlow Tech), Ghassan Haddad (Facebook), Iris Orriss (Microsoft), Lori Thicke (Lexcelera-Eurotexte) ou Jaap van der Meer (TAUS).

Les inscriptions ont lieu à cette adresse. Décidez-vous vite : une remise de 10% est accordée en cas d’enregistrement avant le 27 avril !

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