Les crédits alloués à la traduction littéraire divisés par 5

Le quotidien Libération annonce dans cet article une diminution de 80% des crédits alloués par le gouvernement pour le soutien à la traduction d’ouvrages français, qui passent cette année de 250 000 € à moins de 50 000 €. La traduction n’est pas la seule activité touchée par ces restrictions budgétaires, loin s’en faut. Mais quand on connaît le rôle majeur des aides dans la traduction littéraire (voir le billet sur les revenus des traducteurs littéraires en Europe), on a de quoi avoir le blues…

Un moteur de traduction vocale pour voyager à l’étranger

Guide de voyage électronique assisté par un moteur de reconnaissance vocale, le iTRAVL d’Ectato se veut aussi un traducteur vocal. Il reconnait la phrase que vous lui dictez, la traduit dans la langue de votre choix et la prononce à votre place. Conçu pour le voyage, l’objet est livré avec le Guide de voyage de Fodor et le CIA World Factbook. Il comporte 14 000 expressions pré-enregistrées dans les langues choisies, et un module d’aide destiné à assister l’utilisateur dans les situations urgentes les plus courantes à l’étranger. L’outil n’a pas l’air d’être équipé d’un module GPS. Il est encore difficile de dire s’il est utile de s’en équiper ou s’il s’agit d’un gadget, mais c’est à notre connaissance la première fois qu’est commercialisé un moteur de traduction vocale. On devrait en voir apparaître d’autres sous peu.

Outils d’aide à la traduction : du nouveau -et du gratuit- chez ApSIC

J’ai découvert dans une réponse à un billet de Corinne McKay une référence à la société ApSIC Localization Solutions, qui commercialise deux outils intéressants.

  • ApSIC Comparator crée des rapports de comparaison affichant côte à côte un texte (comme une traduction par exemple) et une version ultérieure du même document (les révisions apportées à la traduction). Le rapport de comparaison facilite l’évaluation de la qualité de la traduction et nourrit le rapport renvoyé au traducteur. ApSIC Comparator travaille avec des fichiers Trados bilingues non nettoyés (.doc et .rtf), des fichiers TagEditor (.ttx), et les fichiers SDLX (.itd). L’outil signale les modifications apportées au texte d’origine à la façon du suivi de version intégré à Microsoft Word, et fournit un rapport qui peut ensuite être modifié, par exemple pour y ajouter des commentaires.
  • ApSIC xBench est un outil de recherche dans des glossaires, qui affiche les résultats bilingues de façon uniforme quelle que soit leur provenance : fichiers tabulés, glossaires au format .CSV, mémoires Trados Workbench, glossaires Multiterm, fichiers TagEditor, mémoires TMX, fichiers bilingues non-nettoyés, dossiers IBM TranslationManager, dictionnaires IBM TranslationManager, fichiers SDLX .itd, projets Star Transit, glossaires et mémoires Wordfast, fichiers TBX, fichiers XLIFF, fichiers programmes Mac OS X. ApSIC Xbench comporte aussi plusieurs fonctions d’Assurance Qualité, qui facilitent les contrôles de cohérence, les vérifications des valeurs numériques, etc.

Ces deux outils sont freeware : n’hésitez pas à les télécharger !

Systran et Multicorpora préparent un outil de traduction automatique intelligent

Systran et MultiCorpora annoncent qu’ils mettent en commun leurs technologies pour intégrer le moteur de traduction automatique de l’un à MultiTrans, le logiciel à mémoire de traduction de l’autre. L’objectif avoué est de concilier qualité de traduction et capacités à traiter des volumes élevés. Le projet, qui semble pour le moment limité à la version client-serveur de MultiTrans, ressemble à ce que propose déjà SDL Trados dans sa dernière version.

Toutefois, l’annonce est à mettre en liaison avec un précédent communiqué de presse de Systran. En juillet dernier, l’éditeur de logiciels de traduction automatique annonçait en effet que la version en cours de développement intègrerait plusieurs approches pour accroître la pertinence de ses suggestions (nous en parlions ici).

C’est ce futur moteur de traduction, dont les résultats ont toutes les chances d’être grandement améliorés par rapport à aujourd’hui, qu’il s’agit sans doute d’intégrer à MultiCorpora. Et ça change tout quant à ce qu’on peut en espérer. Ajoutez à l’ensemble des dictionnaires « maison » et vous avez effectivement toutes les chances d’obtenir des traductions de très bon niveau. Si les traducteurs professionnels indépendants pouvaient bénéficier d’outils de traduction aussi avancés, nul doute que la productivité du métier ferait des bonds de géant, et que nous serions tous mieux placés pour concilier qualité professionnelle humaine et productivité industrielle machine.

Confiez vos traductions professionnelles à des traducteurs professionnels !

Difficile de rester sans réaction face aux résultats de l’enquête réalisée fin décembre 2008 par l’IFOP pour le compte de Systran sur l’état du multilinguisme en entreprise (malheureusement plus en ligne). Ses résultats sont d’ailleurs repris partout, du JDN à Les Echos.

On y apprend que seuls 4% des cadres ont la possibilité de faire appel à un « interprète » extérieur pour traduire leurs documents, contre 63% qui sont amenés à le traduire « eux-mêmes ». Comme l’enquête porte essentiellement sur la traduction du français vers l’anglais, on en déduit que les deux-tiers des cadres en entreprise se pensent capables de traduction vers une langue étrangère. Est-ce que ce sont les mêmes 60% qui considèrent que le niveau de maîtrise des langues étrangères est mauvais dans leur entreprise ? Il y a pourtant aussi 60% des cadres qui se considèrent comme mal à l’aise lorsqu’ils sont confrontés en entreprise à une langue étrangère !

Bref, cette enquête, fort intéressante au demeurant, confirme une nouvelle fois la très forte méconnaissance de la fonction « traduction » au sein des entreprises françaises, qui sont pourtant nos clientes. On y assimile sans vergogne traduction professionnelle, traduction automatique, version, thème, traduction d’e-mails ou de documents… (37% des personnes interrogées sont amenées à rédiger des documentation en langue étrangère).

Je sais que ça fait un peu « coup de gueule »*, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que ce sont les mêmes répondants qui contestent, souvent avec violence, le bien-fondé de telle ou telle tournure, choisie par un traducteur professionnel de langue maternelle anglaise ayant 15 ans d’expérience, au motif que c’est « mot-à-mot » ou que « ça sent la traduction automatique ». Je crois que je préfèrerais, de loin, que les Français reconnaissent une bonne fois qu’ils sont nuls en anglais, et… ne cherchent pas à s’améliorer !

*Vous pouvez en lire un autre sur le blog de Trad’Online.

PS: Bien sûr, vous aurez reconnu l’illustration, extraite de la campagne publicitaire menée par l’organisme Telelangue.

Le multilinguisme progresse en Europe

Le Journal du Développement durable publie un entretien avec Léonard Orban, Commissaire Européen en charge du Multilinguisme, qui fait le point sur les actions de promotion de l’usage de plusieurs langues dans tous les pays de l’Union. On y apprend notamment que 40% des jeunes Européens de 15 à 25 ans pratiquent deux langues étrangères, en plus de leur langue natale, contre 28% de la population prise dans son ensemble. De nouvelles recrues pour la traduction ?

Etudiants en traduction, lisez l’Etudiant !

Le site web de la revue L’Étudiant publie un dossier qui fait le point sur les formations aux langues en France, et présente les filières LEA et LLCE.

Principal intérêt de l’article, il distingue bien les filières, les diplômes (licence, master) et les spécialisations. Une liste déroulante placée sur le côté droit permet d’accéder à la présentation de certains organismes de formation spécialisés, comme l’ISIT ou l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Bref, un utile point de départ pour les aspirants traducteurs.

La traduction fauteuse de troubles entre Israël et les Nations Unies

Un billet du site RFI retraçait le 13 janvier dernier l’historique des relations entre l’État d’Israël et l’ONU, l’organisme supranational auquel il doit l’existence. On apprend beaucoup de choses dans le papier, bien informé, de Toufik Benaichouche. Et notamment qu’une bonne part des conflits entre l’ONU et Israël (qui n’applique pas ses résolutions) au sujet des Territoires occupés seraient dus à une subtilité de langue mal rendue par la traduction française de la résolution 242.

En anglais, la résolution exige le retrait « from territories » (« de » territoires, c’est-à-dire pas nécessairement de « tous »), quand la traduction officielle française dit « des » territoires. Une différence loin d’être anecdotique puisque l’État d’Israël continue de s’appuyer sur la rédaction, longuement négociée à l’époque, de ce texte pour faire valoir qu’il ne s’applique pas à l’intégralité des territoires.

La question reste posée : dans ce cas, traduire, c’était trahir ?

Monolinguisme obligatoire chez Uncle Sam pour réduire les frais de traduction

Nashville a-t-elle finalement pour ? Ou contre ? Non, il ne s’agit pas d’Obama. Mais de l’obligation de parler anglais pour résider dans la ville. Jusqu’à présent, un résident non-anglophone pouvait formuler ses demandes d’aide sociale dans sa langue, en bénéficiant des services d’un interprète rémunéré par l’administration locale.

Toutefois, Eric Crafton, conseiller municipal, fait campagne pour supprimer ce droit et rendre ainsi Nashville (600 000 habitants) officiellement monolingue. Pour cela, il a réuni plus de 5 000 signatures pour obtenir l’organisation d’un référendum sur la question. Et tous les citoyens de la ville doivent s’exprimer sur le sujet le 20 janvier ! Il semblerait que son initiative soit soutenue par des groupes ouvertement racistes, et que le projet avoué soit, petit à petit, de généraliser le monolinguisme dans tous les états.

La vidéo des opposants à la réforme est très intéressante, comme le sont aussi les commentaires des internautes en réaction à l’article du site Les Observateurs. Quant à Barack Obama, il a apparemment fort à faire…

Le protocole de Londres ne réduit pas le coût de la traduction des brevets

Le protocole de Londres sur la traduction des brevets Européens ne réduit pas les frais de traduction associés au dépôt de brevets industriels, mais contribue fortement à réduire l’influence de la France au sein de l’Europe en matière d’innovation. C’est la conclusion inattendue d’un article très fouillé rédigé par Christian Harbulot, le Directeur de l‘Ecole de Guerre Economique (ESLSCA Paris), spécialiste de l’intelligence économique, et publié par L’Usine Nouvelle.

Un article passionnant, qui donnera des arguments à ceux qui tentent encore de vendre de la traduction de brevets aux bureaux d’étude… quand ils n’ont pas déjà mis la clef sous la porte du fait dudit protocole.