Le Conseil Européen des Associations de Traducteurs Littéraires (CEATL, http://www.ceatl.eu) publie aujourd’hui les résultats de sa première étude comparée sur la situation sociale et économique des traducteurs littéraires en Europe. L’étude, téléchargeable ici, a été effectuée en 2007 et 2008 auprès de 23 pays de l’Union Européenne.
L’étude Revenus comparés des traducteurs littéraires en Europe s’intéresse aux conditions réelles de revenus des traducteurs littéraires, et tente de brosser un tableau comparatif complet. Elle est extrêmement fouillée et bien réalisée. Tous les facteurs ont été pris en compte. aussi bien les différentes sources de revenus (traductions, mais aussi bourses ou droits d’auteurs) que la situation de l’édition dans le pays (nombre de titres publiés par an, tirage moyen, quote-part des traductions par rapport au reste, etc.). Même les différences de fiscalité et de coût de la protection sociale ont été calculées de façon à permettre une comparaison vraiment instructive. Au final, ce sont les revenus des traducteurs littéraires exprimés en pourcentage de pouvoir d’achat moyen qui sont indiqués dans les 23 pays de l’étude.
Et les résultats ne sont pas brillants. En fait, l’étude du CEAT montre clairement que les traducteurs littéraires ne peuvent subsister dans les conditions de marché actuelles. Dans de nombreux cas, les traducteurs littéraires gagnent moins de 70% du revenu moyen du secteur de la production industrielle et des services. La seule façon d’obtenir des revenus décents, comparables à ceux des traducteurs techniques professionnels, consiste à augmenter la productivité (environ 1 500 mots/jour), avec tous les risques que cela comporte en matière artistique et culturelle. Et dont on voit de plus en souvent les résultats désastreux dans les ouvrages publiés.
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