La traduction, un métier d’espion

La traduction, un métier d’espions ? C’est ce que semble indiquer cet article du Figaro, qui traite des difficultés de recrutement dans le monde de l’ombre. Très bien écrit et visiblement documenté, le papier est passionnant. On y parle de traducteurs, bien sûr, mais pas seulement, et l’on comprend vite pourquoi il est si difficile de recruter les bonnes personnes, et de les conserver ensuite.

Cela dit, si la carrière vous intéresse, songez à lire Un homme très recherché, le dernier John Le Carré avant de vous lancer. Toujours aussi désenchanté, l’auteur (dont l’ouvrage précédent traitait précisément de traduction et d’espionnage) nous présente des services secrets européens complètement inféodés aux Etats-Unis, et incapables de protéger leurs sources. Il montre aussi que la dérive vers l’informatisation du renseignement n’affecte pas que les « cousins » du Nouveau Monde, mais aussi les services allemands, au mépris de l’exploitation habile de contacts bien humains qui font des informateurs bien plus précieux, mais lents à recruter et à former. Ce que confirme un peu le Figaro en fait.

La traduction du site LinkedIn en français est en ligne

La traduction française du site LinkedIn

La traduction en français du site LinkedIn, l’un des premiers réseaux sociaux à être largement adoptés, est disponible (voir cet article du Figaro). On se dit que c’est bien (très bien, même), mais que c’est tout de même un peu tard (Viadeo est là depuis longtemps, Facebook est un vrai succès). En revanche, on comprend la motivation de LinkedIn quand on apprend que seuls 600 000 personnes vivant en France y sont inscrites, et que le site espère, grâce à sa traduction, en attirer le double rapidement. D’ailleurs, en Espagne, la traduction de l’interface a généré une hausse de 128% des inscriptions. Voilà qui rappelle aux entreprises clientes que la traduction, loin d’être un coût, est un investissement dont le retour est en général rapide. C’est Microsoft qui considère que chaque dollar investi en traduction en rapporte 20 en ventes. Sans doute est-ce la raison pour laquelle le site LinkedIn se lance dans la traduction de son service dans les principales langues d’Europe après avoir levé plus de 50 millions de dollars dans cet objectif. Fort logiquement, LinkedIn prévoit aussi de consacrer une partie de ces fonds à de la croissance externe. Si l’objectif est bien d’augmenter ses parts de marché, on se dit que les fondateurs de Viadeo (qui revendiquent plus de 5 millions d’utilisateurs en France) sont peut-être près de toucher les fruits de leurs efforts.

Europeana : un site de traductions trop bien fréquenté

Les requêtes les plus fréquentes du site EuropeanaOn ne sait toujours pas si le site Europena proposera la traduction automatique d’oeuvres littéraires, mais on sait en revanche que leur lancement est plutôt raté (cf. Libération). Leur service a été stoppé pour un mois après moins de 24 heures d’exploitation. L’explication officielle (cf. La Tribune) fait état d’un trop grand nombre de demandes à servir (plus de dix millions de requêtes par heure) : peut-être leurs serveurs ont-ils fait l’objet de SPAM ? Mais il y a aussi le fait que la page d’accueil affichait sous forme d’images les résultats des requêtes les plus fréquentes (cf. PCInpact), qui portaient toutes sur des thématiques sexuelles ou racistes. Peut-être est-ce, là aussi, l’effet d’un SPAM massif. En tous les cas, Europeana ne semble pas encore en mesure de concurrencer Google…

Automatiser la traduction, pour le site de l’Atelier, c’est combiner sémantique et statistique

Le site de l’Atelier BNP Paribas, qui assure une veille permanente sur les nouveautés technologiques, publie un article intéressant, quoiqu’un peu naïf, sur la combinaison des approches linguistique et statistique en matière de traduction automatique.

Deux chercheurs, qui ont déjà un remporté un prix pour leur projet, souhaitent développer un moteur de traduction automatique qui combinerait les deux approches tout en s’appuyant sur une base données multilingue pourvoyeuse de contexte. On leur souhaite de réussir, mais on ne peut s’empêcher de faire remarquer que Google à sa façon et Systran à la sienne sont déjà bien avancés dans le développement d’un outil de traduction exploitant la méthode traditionnelle à base d’analyse syntaxique, la méthode statistique, les dictionnaires sémantiques personnalisables, les mémoires de traduction, et même les notations des utilisateurs en mode Web 2.0 pour choisir la traduction la plus pertinente parmi plusieurs.

Congrès mondial de la traduction spécialisée à La Havane

Le Congrès mondial sur la traduction spécialisée 2008 se tient du 8 au 13 décembre à La Havane. S’il n’est plus possible de proposer une communication à ce stade, vous pouvez encore vous inscrire pour une somme modique (moins de 200€) et assister à 5 jours de débats (pour l’essentiel en espagnol). Organisé autour de thèmes comme « Internet et le traducteur », « La traduction des brevets et normes », ou « Les mensonges de l’unilinguisme », le Congrès vise à donner un aperçu de la situation actuelle de la traduction dans les organismes internationaux, et souligner l’importance du travail de traduction dans les secteurs économique, social, politique et industriel. Les interventions magistrales, suivies de débats avec la salle, sont complétées par des ateliers et des posters. Vous pouvez consulter le programme complet ici, et vous inscrire en remplissant ce formulaire. Il ne vous restera plus ensuite qu’à organiser votre voyage sur place, ce qui n’a aucune raison d’être désagréable.

Merci à Adriana Lau, de l’Union latine, organisatrice du congrès de me l’avoir signalé !

Le site Europeana proposera-t-il la traduction automatique d’oeuvres littéraires ?

Bruxelles lance jeudi 20 novembre Europeana, première bibliothèque numérique européenne annonce le site Commentcamarche dans ce billet. Europeana a pour objectif de mettre en ligne le contenu des grandes bibliothèques et des principaux musées des 27 pays membres, avec la collaboration des éditeurs européens. Formidable.

La suite ? Outre la publication en ligne des oeuvres, Europeana comportera un système de traduction automatique pour favoriser le multilinguisme (qui est un des « défis annexes » du projet). L’idée serait-elle de faire traduire des oeuvres littéraires à un moteur de traduction perfectionné entre 23 langues sources et 23 langues cibles ? On en frémit d’avance…

Le site de traduction Global Watchtower confiant sur la santé du secteur de la traduction

D’après l’enquête réalisée par Common Sense Advisory auprès des entreprises de traduction et de leurs clients, la crise économique actuelle n’aurait pas d’impact sur la santé du secteur… pour le moment. Plusieurs arguments vont dans le sens d’une croissance toujours forte (même si elle est un peu ralentie) pour le marché de la traduction et de la localisation.

D’une part, c’est évident, les clients des entreprises américaines exportatrices ont beau être touchés par la crise, ils ne modifient pas leur appartenance linguistique pour autant : autrement dit, les grands acheteurs américains de traduction ont toujours besoin de localiser leurs produits.

D’autre part, il la crise financière provoque un regain de communication entre financiers et clients, ce qui nécessite des traductions supplémentaires. Les entreprises d’interprétariat par téléphone ne seraient jamais aussi bien portées, semble-t-il, précisément à cause de cela.

Enfin, les grands du secteur, comme Lionbridge, Thebigword ou Transperfect semblent sereins pour les mois à venir. L’histoire ne dit pas s’il en est de même pour les plus petits acteurs, qui constituent le coeur du marché, et 80% des fournisseurs.

En tous les cas, on ne saurait trop conseiller la lecture de ce billet roboratif à tous ceux qui craignent pour l’avenir proche du marché de la traduction.

Pétition pour la traduction en Europe

Je ne résiste pas au plaisir de relayer l’Appel à plus d’une langue, récemment publié par le quotidien Libération sur son site Web, mais rédigé en amont des Etats généraux du multilinguisme, réunis à La Sorbonne le 26 septembre 2008 (cliquer ici pour les vidéos). Le texte met en garde contre la généralisation d’une seule langue (sans doute l’anglais) en Europe, et se conclut par « Dans la traduction, le projet européen puisera une énergie renouvelée. » Les premiers signataires appartiennent à l’élite intellectuelle des pays de l’Union, mais tout le monde est appelé à apposer sa signature électronique à cette pétition pour « la mise en œuvre d’une véritable politique européenne de la traduction » en se rendant sur le site dédié http://plus-dune-langue.eu

Conférence de traducteurs ProZ à Paris : c’est vendredi !

La conférence ProZ organisée à Paris aura lieu très bientôt : le vendredi 21 et le samedi 22 novembre, avec un programme de présentations assurées par des acteurs majeurs de notre secteur. On y écoutera en effet des personnalités comme Daniel Gondouin (Adelink), Yves Champollion (Wordfast) ou Nicholas Rose (Datawords) et d’autres encore. Parmi les sujets abordés : la qualité en traduction, l’application des standards, le démarrage de son activité de traducteur indépendant, etc. Les deux jours de séminaire se tiendront au Publié dans Actualité de la traduction, Site de traduction, Traducteurs | Laisser une réponse

Agences de traduction et traducteurs : Wordfast 6.0 est là !

Agences de traduction, traducteurs : Wordfast 6.0 est sorti ! La nouvelle version, très attendue, du principal challenger des logiciels à mémoire de traduction, est téléchargeable sur le site de Wordfast (http://www.wordfast.com) en version Windows, Mac et Linux. Le site de traduction Anyword ne l’a pas encore testée, mais les nouvelles fonctionnalités sont prometteuses. Jugez vous-même :

  • Wordfast 6.0 fonctionne sous Windows, sous Mac OS X, et sous Linux.
  • Environnement indépendant : la nouvelle version n’est plus un modèle pour Microsoft Word mais fonctionne dans son propre environnement, qui propose au traducteur plusieurs affichages personnalisables.
  • Formats de fichier : Wordfast exploite les fichiers .doc, .ppt, .xls, .htm, .xml et .jsp en se basant sur des filtres.
  • Assurance qualité améliorée : les contrôles de terminologie seraient plus rapides et plus pertinents qu’autrefois.
  • Compatibilité. Wordfast a toujours été compatible TMX, ce qui permet de l’utiliser avec des mémoires de traduction créées par SDL Trados ou DéjàVu.
  • Gestion de projet améliorée. Les chefs de projet travaillant en agence de traduction bénéficient d’un système d’analyse en mode batch plus efficace que dans la version dédiée à Word.
  • Partage de mémoires et serveur de TM. Wordfast permet l’utilisation d’une TM serveur (voir ce billet au sujet de la VLTM) et de partager des mémoires de traduction entre plusieurs traducteurs distants, et autorise l’agence de traduction à définir des autorisations utilisateur différenciées.
  • Continuité. La version « classique » de Wordfast, qui fonctionne comme un modèle Microsoft Word, ne sera pas abandonnée, et continuera d’intégrer des améliorations au fil du temps.

Nous ne manquerons pas de vous en dire plus lorsque nous nous serons équipés. D’ores et déjà, je regrette que Wordfast ne mentionne pas de progrès en matière d’intégration avec les logiciels de traduction automatique. C’est la principale amélioration de SDL Trados, et l’évolution de logiciels comme PROMT, intégrés à Word 2007, a déjà réduit les possibilités d’utilisation conjointe avec Wordfast. Cela dit, rien ne prouve à ce stade que ces fonctions ne figurent pas dans Wordfast 6.0, ni qu’elles soient nécessaires lorsqu’on fait appel à la very large TM.