sept 30

La Chambre Nationale des Entreprises de Traduction (CNET) fournit une étude du marché de la traduction en France, du point de vue des agences de traduction. Ce très intéressant document, intitulé, lui aussi, L’Observatoire de la Traduction, fournit un cliché instructif sur les agences de traduction française. Comme cette enquête est réalisée assez régulièrement, on peut aussi en tirer quelques leçons sur l’évolution du marché. Ses auteurs regrettent bien sûr la faiblesse de l’échantillon (40 répondants seulement sur environ 400 entreprises interrogées), mais c’est le lot de toutes les études comparables, et celles de Common Sense Advisory ne font pas exception à la règle.

On y apprend que le marché français approche sans doute les 400 millions d’euros au total, que le CA médian d’une entreprise de traduction est seulement de 480 000 € (pour un capital de 42 000 €), réalisé avec 190 clients, et que le tarif au mot des traductions français vers anglais était en moyenne de 0,18€HT en 2006. Mais l’enquête ne s’intéresse pas uniquement aux données financières: elle décrit aussi les structures en termes de certification qualité, de ressources humaines et de marketing : saviez-vous par exemple que la plupart des agences de traduction ne sont pas spécialisées, tout comme le site de traduction Anyword, et que l’anglais est une des langues dont la demande progresse le plus ? Bref, voilà une étude passionnante, que tous les acteurs du marché de la traduction devraient lire ou avoir lu.

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icon4 30 sept 2008| icon31 Commentaire »
sept 28

L’EUATC (European Union of Associations of Translation Companies) tiendra sa prochaine grande réunion annuelle à Paris, les 20 et 21 novembre, à l’hôtel Mariott, boulevard Saint-Jacques, dans le XIVème arrondissement (l’ancien PLM Saint-Jacques, pour les familiers des palaces). L’agenda prévoit de nombreuses interventions autour des questions qui font le quotidien des agences de traduction: relations avec les clients, les traducteurs freelance, maîtrise des ressources technologiques, questions liées à l’observation de standards de qualité… Fort heureusement, plusieurs sessions de networking, plus récréatives, sont aussi à l’ordre du jour, comme un dîner en péniche par exemple ! Pour vous enregistrer, il vous suffit de remplir ce formulaire… et de payer votre dîme.

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icon4 28 sept 2008| icon3Aucun commentaire »
sept 26

Il y a quelques jours, je signalais un communiqué de presse de Language Weaver au sujet de la taille du marché mondial de la traduction, tout en m’étonnant que Common Sense Advisory, cité dans l’article, n’aie pas encore répondu. C’est chose faite, avec un excellent billet de donald A. DePalma.

Il y explique que, si l’on prend en compte le marché latent de la traduction, 67 Milliards de dollars lui semblent encore trop peu. Mais qu’il s’agit surtout de la valorisation de ce que pourrait générer la traduction automatique… si les grandes organisations se décidaient à en acheter. Or il est particulièrement difficile de convaincre ces clients potentiels de payer pour de la traduction automatique alors même que des sites Web offrent gratuitement ce qui semble être un service identique (les sites comme Reverso se rémunèrent évidemment sur la publicité). D’autant que Facebook et d’autres tendent à prouver qu’il serait possible d’obtenir de la traduction gratuite humaine (c’est la traduction collaborative). Tandis que le marché, pas encore éduqué à la question, espère soit trop soit trop peu des systèmes de traduction automatique : certains considèrent que la qualité est acceptable (ce qui n’est pas le cas), et d’autres (en particulier les traducteurs professionnels) refusent de voir le formidable outil de productivité que ces outils pourraient représenter.

Bref, un excellent point sur la question, qui se termine en réaffirmant que le marché qui paye s’établit bien, pour le moment, à 15 Milliards de dollars, et pas 67…

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icon4 26 sept 2008| icon3Aucun commentaire »
sept 24

Le site Web net-eco signale dans cet article que Box.net, un service de stockage de données en ligne, a fait traduire son interface utilisateur par ses propres clients, un peu sur le mode de Facebook (voir à ce sujet ces trois billets). Ce système de mise à contribution gratuite des utilisateurs a du succès parmi les sites Web disposant d’une large audience, et Google a d’aillurs été un des premiers à l’exploiter. On peut bien sûr regretter que ces travaux ne profitent pas aux professionnels, traducteurs indépendants et agences. Cela dit, il faut reconnaître que cela va sans doute beaucoup plus vite de procéder de manière collaborative. Mais il faut ensuite passer beaucoup de temps à identifier les erreurs et faux-sens dispersés un peu partout, tout en prenant le risque que les usagers s’habituent à des termes impropres.

Sur Facebook(*) en français, on peut lire que tel ou tel ami a été « marqué » dans une photographie, ce qui signifie que son profil a été distingué du reste de l’image par une petite phrase, une balise, une locution, une… marque. Evidemment, « marqué » traduit très mal « tagged » dans le sens où on ne dira jamais d’une personne qu’elle a été marquée. Elle aura plutôt été signalée, par exemple. Mais il est vrai que « marque » est une traduction valable, en soi, de « tag » (comme « balise »). Ce type d’usage impropre a plusieurs sources. D’une part, les utilisateurs d’un service n’ont pas nécessairement le même niveau d’éducation ou de culture qu’un traducteur professionnel : il faut accepter de reconnaitre que tout le monde n’a pas à la fois un goût pour la langue et un doctorat, contrairement à la très grande majorité des traducteurs professionnels. D’autre part, il est à peu près impossible de traduire correctement hors contexte. Or, la traduction collaborative, concrètement, c’est ça: traduire des bouts de phrase dans de gigantesques tableaux à la Excel. Et, bien sûr, tout le monde n’a pas la patience de retrouver dans l’interface publiée le bout de phrase qu’il est en train de traduire pour comprendre dans quel contexte ce bout de phrase s’affiche. D’autant que le même mot peut très bien être utilisé avec un certain sens dans un certain contexte, et avec un sens différent dans un autre contexte… et pourtant ne faire l’objet que d’une seule traduction, parce que, pris hors contexte, c’est le même mot…

Le plus grave, d’après moi, dans tout ça, ce n’est pas la perte de chiffre d’affaires du site de traduction d’Anyword. C’est que l’on nous habitue tous à employer des termes impropres, donc à diminuer la précision de notre pensée, et à vivre dans une sorte de confusion mentale qui se généralise petit à petit, et qui nuit à la pertinence de la communication. Or, quand la langue est pauvre, les structures de pensée du locuteur sont peu développées, et l’expression de ses sentiments ne trouvent pas d’exutoire dans les mots, mais dans la violence. Et, bien entendu, il est à la merci du pouvoir de ceux qui maîtrisent la langue. Vous trouvez que j’exagère ? Relisez 1984, de Georges Orwell.

(*) Je pourrais prendre dix autres exemples, et pas seulement sur Facebook.

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icon4 24 sept 2008| icon31 Commentaire »
sept 20

AnWiki est une solution libre et intéressante de gestion des contenus d’un site Web en plusieurs langues. Ce CMS intègre des outils de traduction et, surtout, de synchronisation des contenus multilingues publiés sur un site Web. Dès qu’un rédacteur crée un texte dans une langue, les traducteurs enregistrés reçoivent une notification et peuvent commencer à traduire le contenu. Le système suit en permanence l’état de traduction de chaque texte dans chaque langue, et la synchronisation est donc permanente. Ainsi devient-il possible, par exemple, d’éditer un texte à plusieurs sans pratiquer la même langue pour autant : c’est l’édition collaborative multilingue. Bien entendu, la fonction d’historique de versions est installée, ainsi que la mise en valeur des différences entre versions. Bref, l’outil semble vraiment bien pensé, et il est en licence libre. A télécharger d’urgence !

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icon4 20 sept 2008| icon3Aucun commentaire »
sept 18

D’après Language Weaver, qui vend un logiciel de traduction automatique reposant sur un système de traduction statistique, le marché caché de la traduction serait plus de trois fois supérieur au marché connu. La société considère que de très nombreux besoins de traduction ne sont pas couverts aujourd’hui du fait du coût élevé de la traduction humaine. Conséquence : à mesure que s’améliorent les résultats des logiciels de traduction automatique, le marché de la traduction s’accroît. Sur ces bases, Language Weaver estime le marché mondial de la traduction à 67 Milliards de dollars, à comparer avec les 14 Milliards de dollars mesurés par Common Sense Advisory. La société de conseil n’a pour le moment pas réagi à ces chiffres sur son blog Global WatchTower, qui semblent tout de même assez élevés, même s’ils sont propres à motiver des investisseurs potentiels.

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icon4 18 sept 2008| icon31 Commentaire »
sept 16

Le fameux (et bien nommé) logiciel de dictionnaire en ligne Babylon, qui se prétend abusivement ‘traducteur en ligne’, vient d’annoncer une version pour Macintosh. Rappelons que Babylon permet d’obtenir en un clic la traduction d’un mot ou d’une expression à partir de tous les logiciels présents sur le micro-ordinateur. En outre, la très nombreuse collection de glossaires disponibles en téléchargement permet aux traducteurs professionnels d’exploiter facilement les jargons techniques de leurs différents clients. En outre, il existe des versions compatibles avec Babylon des dictionnaires Oxford, Larousse et Webster. Même Wikipedia est rendue accessible à partir de Babylon. Bref, il s’agit d’un must pour tous les utilisateurs bureautiques, qu’ils travaillent sur PC ou sur Mac.

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icon4 16 sept 2008| icon3Aucun commentaire »
sept 14

À lire, un intéressant post sur leblogauto, un blog dédié à l’automobile, qui s’intéresse à la part de marché que représentent les hispanophones aux Etats-Unis. Part de marché en progression constante, ce qui pousse divers acteurs à cibler cette catégorie à elle seule, et à pratiquer le « marketing ethnique » sans complexes. Mais n’est-ce pas en contradiction avec la notion d’unité du pays, avec le fameux melting-pot ? La segmentation divise forcément… Les commentaires, un peu directs, des lecteurs du blog sont intéressants à suivre aussi.

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icon4 14 sept 2008| icon3Aucun commentaire »
sept 12

Thot signale dans ce billet plusieurs dictionnaires français/anglais présents sur le Web qui indiquent clairement la prononciation des termes, avec à la clef un enregistrement vidéo et audio pour chaque mot. Une ressource à connaître quand on hésite sur la façon correcte de prononcer dans une langue étrangère un mot tout juste appris.

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icon4 12 sept 2008| icon3Aucun commentaire »
sept 11

L’excellent TechCrunch français annonce le lancement du service Alfabetic de traduction automatique de blogs dans ce billet.

Alfabetic se propose de diffuser les billets des blogs clients sur des sites étrangers après les avoir traduits dans la langue de destination en exploitant la technologie de traduction automatique à analyse statistique. Pour les clients qui paient plus cher (les « Gold »), Alfabetic prévoit de faire réviser par des traducteurs humains le texte généré par leur moteur automatique. Bien entendu, tout cela permet d’aller beaucoup plus vite, et de publier très rapidement des blogs à l’international. Reste à savoir si les clients « Silver » obtiendront des résultats exploitables à l’aide d’un service de traduction purement automatique. En revanche, je suis persuadé que les « Gold », dont la traduction sera révisée par des traducteurs professionnels, n’ont aucun souci à se faire.

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