août 6

Voilà une info à laquelle on ne peut pas rester indifférent : Google se lance dans la traduction humaine, en préparant un service, appelé Google Translation Center, qui va mettre en relation directe les clients et les traducteurs enregistrés. Google ne se rémunérera pas sur les travaux, puisque les traducteurs factureront directement les clients, mais trouverait deux avantages principaux au système: tout d’abord, la fréquentation du site permettra d’afficher de la publicité payante, sans doute affichée en fonction du contenu des textes (comme dans gmail), et, d’autre part, Google poussera les traducteurs à empluyer ses propres outils de traduction, de façon à réutiliser les textes pour améliorer son traducteur automatique sur la base d’une mémoire de traduction.

C’est une façon de faire appel, gratuitement, aux contributions des traducteurs pour mettre en place un service destiné à les remplacer… Un raisonnement tordu, mais dont on sait qu’il fonctionne, puisqu’il a déjà été employé plusieurs fois par des services Web 2.0. Un autre aspect du service est troublant: Google Translation Center servant uniquement de plate-forme, il ne sélectionne pas les traducteurs et tout un chacun pourra s’inscrire au service, y compris des « bénévoles », c’est-à-dire des personnes qui seront intéressées par proposer des services de traduction, gratuits ou payants, sans être eux-mêmes traducteurs. Il semble évident qu’il y aura un jour ou l’autre un système de notation des contributions par les clients, qui devrait faire un peu le ménage dans tout ça, mais il me semble dangereux pour les traducteurs d’être mêlés à des non-traducteurs proposant le même service qu’eux.

Qui est menacé par ce système ? A première vue, les plates-formes comme Proz ou GoTranslators ont sans doute du souci à se faire, puisque les traducteurs auront tout intérêt à se référencer gratuitement sur Google Translation Center et délaisseront peut-être les systèmes payants de mise en relation. Et les agences de traduction comme Anyword ? Il est possible (et même probable) que, dans un premier temps, un certain nombre de clients souhaiteront faire des économies en s?adressant directement aux traducteurs : ces clients-là, les plus sensible au prix, seront perdus pour les agences. Par la suite, soit ils se satisferont d’une solution minimale, et ils resteront fidèles à Google Translation Center, soit ils souhaiteront bénéficier d?un vrai service, et ils reviendront vers les agences.

En effet, qu?apportent les agences de traduction ? Elles disposent de traducteurs professionnels dans toutes les langues, dans plusieurs domaines d?expertise, elles analysent et préparent les travaux avant traduction, elles contrôlent les délais, elles servent de point de contact aux clients et aux traducteurs, se faisant tantôt la voix du client auprès du traducteur, et tantôt celle du traducteur auprès du client, elles s?assurent de la bonne livraison du projet final au client, et elles gèrent les questions de règlement, contrôlant en amont la solvabilité du client et s?assurant en aval d?être payé à temps, et de payer le traducteur à temps. Du moins, c?est ce que nous faisons, chez Anyword, et c?est ce que font la plupart de nos concurrents.

Certains clients, comme la plupart des traducteurs, souhaitent bénéficier de ces services. Nous faisons le pari, chez Anyword, que ce sont les plus nombreux.

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août 6

L’initiative de TAUS, dont nous nous faisions l’écho voilà plus d’un mois, n’a pas fini de faire de bruit. Rappelez-vous: il s’agit de créer une place de marché pour l’échange de mémoires de traduction entre agences et/ou clients abonnés. Un forum a été consacré à la question sur ProZ, dont les dirigeants s’interrogeaient sur le bien fondé de rejoindre TAUS en tant que membres fondateurs. Les débats ont été vifs parmi les traducteurs membres de la plate-forme. Tout y est passé, ou presque : de l’inquiétude naturelle de certains pour l’avenir de leurs revenus à l’explication détaillée des questions de propriété intellectuelle en passant par une méfiance certaine vis-à-vis des énormes entreprises qui se lancent dans cette coopération (Intel, Microsoft, Oracle entre autres…). L’agence de traduction Anyword, pour sa part, a proposé de créer une plate-forme concurrente d’échange de mémoires de traduction, rémunérant les traducteurs, en coopération avec ceux qui seraient intéressés par le projet et, pourquoi pas ?, en Open Source (mais n’a pas encore reçu de réponse). Finalement, Proz a décidé de se joindre à TAUS, et a promis de continuer à informer régulièrement les traducteurs de l’avancée des projets. Espérons qu’ils seront en mesure de tenir leurs promesses et que nul accord de confidentialité ne viendra les brider. En tous les cas, tout ceci est la meilleure preuve que le marché change et que les outils à Mémoire de traduction sont appelés à changer aussi.

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août 4

On évoquait récemment les problèmes linguistiques posés par l’arrivée massive de touristes étrangers en Chine à l’occasion des Jeux Olympiques de Beijing. Les autorités chinoises font visiblement de leur mieux pour que les visiteurs puissent communiquer, au moins un peu, avec la population locale. Après avoir standardisé la traduction en anglais des noms de plats chinois, elles se sont attaquées au problème des taxis. Deux numéros de téléphone ont été mis en place pour la réservation d’un taxi et l’indication de la destination en huit langues. Le système d’interprétation simultanée s’appuie à la fois sur les GPS et sur des partenariats avec des sociétés de traduction. Lesquelles ? Comment ça marche ? Il faudrait lire le chinois pour le savoir…

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août 2

Je saluais récemment la richesse de l’actualité des outils de traduction automatique… Et voilà que Promt, la société russe qui édite @promt (autrefois exclusivement commercialisé en France par Softissimo sous le nom de Reverso, et dont les nouvelles versions sont désormais distribuées aussi par Avanquest Software), fait entrer à son capital le fonds d’investissement Earlier Stage Alternative Fund, de Renova Capital, qui y prend une participation de 51% pour un montant probable de 10 millions de dollars. Comme l’explique le blog de Quintura, qui cite le quotidien russe Vedomosti, Promt générait en 2007 un CA de 10 millions de dollars, et estime détenir 10% du marché mondial de la traduction automatique. On peut donc supposer que les grandes manoeuvres ne font que commencer : Promt aurait-il une cible en vue ? A l’heure de la rédaction de ce billet, Promt ne communiquait pas sur son site sur cette opération. En revanche, la lecture de leurs actualités est très instructive sur le développement de la traduction automatique.

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