Après s’être interrogé sur la naissance du marché des mémoires de traduction (quels seront les acheteurs, les vendeurs, comment s’organisera-t-il, quelles réticences sont à prévoir, et comment les dépasser), Global WatchTower signale dans un nouvel article l’initiative TAUS (Translation Automation User Society). Celle-ci consiste à mettre en place une place de marché réservée aux agences de traduction et à leurs clients, qui auraient accès à autant de mots qu’ils en fourniraient au système. En bref, une agence de traduction qui donnerait des Mémoires de traduction contenant 10 millions de mots (et leurs traductions) à TAUS pourrait en récupérer autant par la suite. Autrement dit, chaque agence pourrait réutiliser le travail des autres pour améliorer le taux de reconnaissance global de ses projets et, par conséquent, réduire ses coûts d’achat. Les auteurs s’interrogent, avec raison, sur la pertinence d’une offre de ce type (très coûteuse : l’abonnement annuel à ce service coûtre de 2 500 à 7 500 dollars) alors même que naissent de nombreux outils Open Source (donc, gratuits) destinés à faciliter les échanges de Mémoires de traduction. Pour ma part, je vois deux autres inconvénients : le premier (qui a sûrement été résolu) concerne la propriété industrielle des phrases sources des Mémoires qui, en toute logique, appartiennent aux clients et non aux agences ; le second concerne les auteurs : comment les traducteurs sont-ils rémunérés dans cette offre ? Quelque chose me dit qu’ils ne le sont pas, ce qui soulève d’autres questions de droits.


