juin 30

Très intéressant billet sur Presse-Citron, le blog renommé et récompensé d’Eric Dupin, au sujet des questions à se poser au moment de créer une version internationale de son blog. Il n’y manque rien, excepté le fait que l’auteur n’imagine pas de faire appel à une agence de traduction. En tous les cas, le texte a le mérite d’aborder clairement et sans fioritures des sujets toujours controversés comme, par exemple, l’usage de la traduction automatique, ou le risque d’être trahi dans la lettre et dans l’esprit par le traducteur (humain) à qui le travail est confié. Et il traite aussi des questions de design et d’audience, c’est-à-dire, sur Internet, de netlinking et de référencement. Un excellent point sur la question.

PS:Bien entendu, Anyword entreprendra bientôt la traduction de son propre blog pour l’Espagne et la Grande-Bretagne.

icon1 Par: Guillaume | icon2 Revue de presse
icon4 30 juin 2008| icon3Aucun commentaire »
juin 29

Trouvé sur le blog T & I Business une intéressante estimation du marché mondial de l’interprétation, qui serait compris selon l’auteur entre 2,0 et 2,5 milliards de dollars, soit environ 15% du marché mondial de la traduction. La croissance la plus forte est assurée par l’interprétation par téléphone. Ce billet complète un autre, du même auteur, paru il y a deux ans, sur le même sujet, qui semble avoir été assez largement ignoré des sociétés d’études de marché jusqu’à présent.

icon1 Par: Guillaume | icon2 Marché de la traduction
icon4 29 juin 2008| icon3Aucun commentaire »
juin 28

Ceux qui veulent comprendre les affres du métier de traducteur, et la parenté de l’exercice avec le métier d’auteur, auront tout intérêt, et beaucoup de plaisir, à lire l’excellent article de Sophie Képès (elle-même romancière et traductrice) « Pour un traducteur, il n’est de bon auteur que mort ». Si l’essentiel de ce texte concerne les relations entre auteur et traducteur, il ne faut pas manquer toute la discussion sur langue d’origine / langue de destination. Bref, en un mot comme en cent, un article merveilleux, à lire d’urgence !

icon1 Par: Guillaume | icon2 Revue de presse
icon4 28 juin 2008| icon31 Commentaire »
juin 27

Tout en rédigeant « La traduction gratuite de masse a-t-elle un avenir ? », j’avais en tête un site dont je ne parvenais pas à me souvenir du nom, et qui a largement inspiré l’article. C’est cet oubli (je « l’avais sur le bout de la langue ») qui m’a poussé à en citer plusieurs autres. Et, ça y est, je l’ai retrouvé : c’est cucumis, bien sûr, qui est un site de traduction collaborative gratuite en ligne de très bon niveau.

La règle consiste à traduire des textes postés par d’autres pour gagner des points… qui permettent de « payer » les traductions que l’on souhaite demander à d’autres de réaliser gratuitement. Et… ça marche très bien ! Un système de révision est même intégré, qui permet de s’assurer que la traduction est d’un bon niveau. Je ne suis pas certain que, si elle avait été sollicitée, une communauté comme celle-ci aurait accepté de traduire l’interface utilisateur de Facebook gratuitement. Mais je suis sûr que Facebook a beaucoup perdu à ne pas consulter une communauté de ce type avant de se lancer dans son projet de traduction « massivement collaborative ».

En tous les cas, cette traduction gratuite-là est humaine, pas automatique (on en reparlera bientôt ici). Preuve, s’il en fallait, que les traducteurs professionnels indépendants sont parfois désintéressés ;-D …

juin 26

Le site Web du Ministère de la CultureIl y a quelques semaines, le département Information et Communication du Ministère de la Culture et de la Communication a lancé un appel d’offres pour le moins surprenant. Il s’agissait de confier la traduction en huit langues des sites Web « culture.fr » et « culture.gouv.fr », mais exclusivement… à un logiciel de traduction automatique (!), comme le précise le Cahier des clauses techniques et administratives : « L’objet de la prestation consiste en l’hébergement d’un service traduction automatique, en temps réel, des sites web du ministère de la culture et de la communication culture.fr et culture.gouv.fr. Le principal livrable est le service de traduction en ligne lui-même et sa disponibilité 24h sur 24. »

De nombreux observateurs ont fait valoir que la Révision générale des dépenses publiques n’était sans doute pas étrangère à cette vision économe du rayonnement de la Culture française à l’étranger. En tous les cas, les traducteurs humains ne sont, heureusement, pas restés indifférents à cet appel d’offres qui ne les concernait pas, et ils ont régai par la voix de la Société française des traducteurs (SFT) et de l’Association des Traducteurs littéraires de France (ATLF). Cherchant une riposte pertinente, les deux associations ont rédigé une lettre à Mme Christine Albanel, Ministre de la Culture, et l’ont accompagnée d’une version française produite automatiquement par Google Translator sur la base de la traduction en anglais de cette lettre, réalisée, elle, par un professionnel. La lecture comparée des deux textes français est éloquente et amusante. Je n’ai malheureusement pas trouvé la version anglaise de la lettre, qui aurait permis de contrôler tous les aspects du problème. Inutile de dire que les réactions, sur le Web, ont été nombreuses (voir par exemple le billet de ActuaLitte, ou celui de BibliObs). En revanche, il semble que le Ministère de la Culture n’a pas encore réagi à ce courrier.

Le plus navrant, dans tout cela, c’est que les logiciels de traduction automatique ont une utilité réelle… à condition d’être employés par des professionnels (qui, en général, ne les apprécient guère). Même softissimo, distributeur du logiciel Reverso, le dit dans son Livre blanc sur les outils de traduction automatique ! Les phrases qu’ils produisent sont souvent de bonnes ébauches partielles de la traduction correcte finale (et les textes envoyés à Mme Albanel le montrent bien). Mais il est certain qu’on ne saurait sans danger les laisser travailler seuls et faire confiance à leur résultat ! Autre regret: Pourquoi donc le Ministère ne s’est-il pas fait conseiller dans sa démarche d’achat par des professionnels. Après tout, de nombreuses agences collaborent à des projets de traduction longs et répétitifs en mêlant traduction automatique, outils à mémoire de traduction, et traducteurs professionnels.

juin 25

Le quotidien Le Monde met ses lecteurs en garde contre l’écrasante domination de l’anglais au sein de l’Union européenne, malgré une très forte progression du nombre des langues officielles. Au cours des 50 dernières années, explique Thomas Ferenczi, le nombre des langues officielles de l’UE a été multiplié par six, puisque vingt-trois langues sont désormais reconnues. Mais, dans le même temps, la domination de l’anglais n’a cessé de s’affirmer. Seules trois langues de travail sont en effet utilisées par les fonctionnaires de l’Union : l’anglais, le français et l’allemand. Et les textes soumis au service de traduction sont à 73,5% rédigés en anglais (12,3% en français, et 2,4% en allemand). Autrement dit, on se trouve là aussi dans une configuration spécifique de Longue traîne linguistique, conforme à celle décrite dans ce blog il y a quelque temps, où l’anglais représente une part toujours plus grande des demandes de traduction, alors même que le nombre de couples de langues s’étend sans cesse. Une situation justifiée par « la différence entre la communication externe des institutions européennes, qui doit se faire dans toutes les langues de l’Union, et sa communication interne, qui se limite aux trois langues de travail », d’après le directeur général de la direction de la traduction à la Commission, le Finlandais Karl-Johan Lönnroth.

juin 23

Le Portail linguistique de MicrosoftEn me promenant sur About Translation, dont j’ai déjà indiqué qu’il s’agissait d’un excellent Blog consacré à la traduction, j’ai trouvé un billet assez ancien (il date quand même de mars dernier…) qui annonce la mise en ligne du nouveau Portail linguistique de Microsoft. Les traducteurs qui s’étaient habitués à travailler avec l’ancien portail MSDN et les glossaires sous forme d’énormes fichiers CSV vont enfin pouvoir respirer. Le nouveau portail est tout frais tout beau, très facile à utiliser, et plein d’infos et d’outils intéressants. Un blog consacré à la terminologie explique tout le processus de l’équipe linguisitque interne pour choisir les traductions à utiliser pour tel ou tel terme. Les internautes sont encouragés à faire connaître leurs commentaires sur les choix terminologiques. Chacun peut, via un forum dédié, participer à la définition de la terminologie des produits (car  » À certaines occasions, Microsoft a été informé du fait que la terminologie utilisée dans nos produits pouvait être différente de celle utilisée par nos communautés d’utilisateurs. »). Le téléchargement des Guides de styles est aisé, et bien entendu, la base de glossaires est en ligne, et permet de réaliser des recherches concernant l’interface de tous les produits Microsoft. Tout traducteur devrait se faire un devoir de visiter ce site, ne serait-ce que pour lire les Guides de styles, qui ont toujours été remarquablement réalisés.

juin 21

Trouvé cet article, engagé, dans le numéro 97 de Manière de voir (février-mars 2008) intitulé « La bataille des langues ».

Le protocole du renoncement

Ministres et parlementaires ne sont jamais avares de ferventes proclamations en faveur de la langue française. En revanche, dès que se présentent des enjeux économiques ou financiers, les grands principes passent sous la table. On en a vu une illustration édifiante lors du vote sur le protocole de LMondres adopté le 26 septembre 2007 par l’Assemblée nationale, et le 10 octobre suivant par le Sénat. Il s’agissait de ratifier le nouveau régime linguistique des dépôts de brevets d’invention, tel qu’il figurait dans un accord signé à Londres en octobre 2000 et qui modifiait le traité international de 1973 fondant l’Office européen des brevets (OEB) dont sont membres trente-deux pays.

Jusqu’alors, un dépôt de brevet devait être formulé dans une des trois langues officielles de l’OEB : l’allemand, l’anglais et le français.Ensuite (quatre ou cinq ans après), le déposant devait procéder, à ses frais, à la traduction de son brevet dans chacune des langues nationales des pays dans lesquels il entendait protéger son invention. Désormais, il sera dispensé de cette dernière obligation : un brevet déposé en allemand (27% du total), en anglais (66%) ou en français (7%) sera opposable à toute entreprise d’un Etat signataire du protocole. En d’autres termes, les entreprises françaises n’auront accès, dans leur langue, qu’à 7% de l’ensemble des brevets. Elles devront assumer le coût de la traduction des 93% restants si elles veulent se maintenir à jour de l’ »état de l’art » international dans leur domaine.

On ne sera pas surpris que dix-sept Etats européens (notamment l’Espagne, la Finlande et l’Italie) aient refusé de signer le protocole. Quant aux Etats-Unis, ils ne reconnaissent évidemment que les brevets déposés en anglais…

Les bénéficiaires de ce renoncement sont d’abord les multinationales américaines, chinoises, indiennes, japonaises qui déposent leurs brevets en anglais, et qui seront dispensées de frais de traduction. Ce qui incitera les ingénieurs et chercheurs français à en faire autant, précipitant ainsi le déclin de leur langue dans les domaines scientifiques et techniques. On comprend qu’un gouvernement comptant M. Bernard Kouchner parmi ses membres ait fait voter la ratification du protocole de Londres : l’homme au sac de riz n’écrivait-il pas récemment que « la langue française n’est pas indispensable (…) Si elle devait céder la place, ce serait précisément à des langues mieux adaptées aux besoins réels et immédiats de ceux qui la délaisseraient (1) » ?

Bernard Cassen

(1) Deux ou trois choses que je sais de nous, Robert Laffont, Paris, 2006.

icon1 Par: Guillaume | icon2 Revue de presse
icon4 21 juin 2008| icon3Aucun commentaire »
juin 19

Frank Bergmann, le fondateur et principal animateur de project-open, un ERP dédié aux agences de traduction, se lance dans une nouvelle aventure en créant Tiny-TM, un nouveau logiciel de mémoire de traduction sous licence GPL. L’outil est prometteur, tant les traducteurs (et la plupart des agences) ont à la fois un besoin réel de mémoires de traduction et sont rétifs à se laisser emprisonner par les éditeurs de ces logiciels, qui, de leur côté, exagèrent vraiment sur le prix de vente (voir à ce sujet le billet de Global WatchTower, qui cite aussi Tiny TM). On ne peut que souhaiter du bien à l’initiative Tiny-TM, qui rejoint ainsi Wordfast et d’autres éditeurs bon marché d’outils de traduction. Il est probable qu’Anyword s’associera à cette démarche innovante d’une façon ou d’une autre… et communiquera à ce sujet sur son blog !

icon1 Par: Guillaume | icon2 Outils de traduction
icon4 19 juin 2008| icon3Aucun commentaire »
juin 17

Chaque jour semble amener son lot d’outils de traduction nouveaux et intéressants. Je viens de faire un tour (rapide) sur le site d’Ebiwrite, qui propose aux traducteurs de stocker leurs fichiers source et cible en ligne, de rédiger leurs textes et d’y placer des tags pour les organiser, y mener des recherches et améliorer leur productivité. La plate-forme semble très aboutie par comparaison avec les fonctions proposées qui, elles, paraissent bien simples. N’est-ce donc que cela ? Du stockage en ligne ? En fait, c’est la fonction de base. Il est probable que d’autres services à plus haute valeur ajoutée viendront se greffer sur cette première offre. On imagine tout de suite quelque chose en liaison avec les mémoires de traduction, par exemple. Stocker des milliers de textes produits par des traducteurs professionnels, c’est se créer un beau référentiel, non ? Difficile de croire qu’il est destiné à rester inerte. On y reviendra, c’est promis! Et on poursuivra notre tour d’horizon des nouveaux outils de traduction.

icon1 Par: Guillaume | icon2 Outils de traduction
icon4 17 juin 2008| icon3Aucun commentaire »

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